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SIDO 2019 : A la croisée de l’IoT, de la robotique et de l’intelligence artificielle

Le Digital Corner était présent à la 5ème édition du SIDO qui s’est déroulé à Lyon, mercredi 10 et jeudi 11 avril. Salon leader en Europe sur les sujets de la robotique, des objets connectés et de l’intelligence artificielle, le SIDO a accueilli cette année plus de 10 000 visiteurs et plus de 450 exposants dont une cinquantaine de startups.

 

Comprendre l’importance de la convergence des avancées en matière d’IA, d’IoT et de robotique

Le salon a pour objectif de faire le point autour des tendances et enjeux liés à trois écosystèmes convergents impulsant ce que de nombreux experts appellent la quatrième révolution industrielle. Selon le World Economic Forum, on comptera plus de 20 milliards d’objets connectés en 2020 et l’International Data Corporation estiment les investissements dans le domaine atteignant les 1200 milliards en 2022. Les capacités de ces objets intelligents ne cessent d’augmenter (stockage, puissance de traitement, algorithmes embarqués…) et impactent déjà la vie de milliards de personnes dans tous les domaines d’activité. Un fort potentiel donc, exploité par des innovations majeures en robotique et intelligence artificielle. Un robot peut ainsi désormais prendre conscience de son environnement et collaborer avec des humains, des pannes peuvent être anticipées, de nouveaux services d’aide à la personne créés… Cette année le SIDO a mis l’accent sur des secteurs que l’IoT et l’IA sont en train de transformer en profondeur : supply Chain, mobilité, énergie, villes intelligentes, agriculture, santé et expérience client.

 

Il faut maîtriser sa donnée pour pouvoir l’exploiter

Si la tendance actuelle est à la collecte et agrégation massive de (big) data, moins nombreuses sont les organisations qui arrivent à en tirer profit à grande échelle. De ce fait, les problématiques de stratégie « Data » et de gouvernance étaient bel et bien au rendez-vous des tables rondes du SIDO. De nombreux cas d’usages ont été identifiés notamment dans les milieux industriels, illustrés en direct par la présentation de PoCs (Proof of Concept). Mais l’industrialisation et la sécurisation de ces solutions restent encore des sujets trop peu adressés et maitrisés.

Tous les experts du Digital dont nos experts Wavestone ont fortement insisté durant ces 2 jours sur l’importance d’éviter à tout prix la création de “POCs factory” en chambre, sans aucun lien avec les métiers, et in fine sans intérêt pour l’entreprise. Les problématiques d’architecture de la donnée, de propriété, de traçabilité, de qualité et de confidentialité de la donnée à traiter pour obtenir des résultats utiles et cohérents ont également été largement évoqués : elles restent les premières briques incontournables à traiter avant de se lancer dans de l’IA. Car comme le dit l’adage en informatique : « garbage in, garbage out ».

Toujours dans le même sens, l’une des tendances majeures de ce SIDO a été le « Edge Computing ». Ce nouveau type d’architecture vient prendre le contre-pied du Cloud Computing. Il traite en effet au plus près de la source de données, en embarquant de l’intelligence artificielle directement dans les capteurs. Ainsi seules les données plus pertinentes ou nécessitant un besoin d’envoi dans le SI sont transmises. Les coûts de stockage, les besoins en performance et la consommation énergétique sont ainsi réduits drastiquement et limités au niveau des capteurs. De plus cette technologie propose une amélioration de la sécurité des objets connectés en évitant au maximum les flux de données et un stockage dans le cloud.

 

Cybersécurité

La Cybersécurité a animé de nombreux débats durant la totalité du SIDO. Le risque actuel généré par les failles de sécurité est bien identifié par tous les acteurs et représente une véritable manne pour les hackers…comme pour les experts du Digital ! La mise en place pratique d’une vraie “hygiène” de cybersécurité n’est toutefois pas acquise par tous les acteurs des industries. Face aux menaces grandissantes, de véritables mouvements de solidarité (finance, skills, expérience) et partage des bonnes pratiques émergent au niveau mondial et ont été relayés durant le salon. La sécurité des grandes entreprises est corrélée à celles de ses partenaires et sous-traitants, la cybersécurité est donc une affaire aussi de cercle vertueux, à tous les niveaux de la chaîne de valeur.

Sujet nouveau mais menace terriblement réelle, la sécurisation des solutions d’IA a également été discutée. L’empoisonnement des données d’entrainement pour modifier in fine le comportement de l’IA, ou l’identification de failles dans les algorithmes sont des premiers vecteurs d’attaque. L’interférence sur le périmètre et les objectifs fixés d’une IA permettent des exploitations malicieuses (détournement des chatbots, prise de contrôle des véhicules autonomes…).

 

Un cas d’usage : L’IoT et l’intelligence artificielle au profit de la maintenance

Si un sujet fait bien appel à la convergence entre objets connectés, intelligence artificielle et robotique, c’est celui de la maintenance prédictive. Le “zéro pannes” devient une obsession pour de nombreux clients et les technologies actuelles de prédiction mettent les fabricants de machines au pied du mur. L’objectif n’est plus d’intervenir au plus vite pour effectuer des réparations mais bien d’anticiper les opérations de maintenance nécessaires pour éviter tout dysfonctionnement. Certaines entreprises vont même jusqu’à en changer leur business model et ne vendent plus le produit directement, mais plutôt son temps d’utilisation.

Pour réussir à prédire d’éventuels dysfonctionnements, des capteurs mesurent des dégradations ou anomalies (vibration, température, pression, bruit…). L’enjeu aujourd’hui est de parvenir à corréler ces mesures aux pièces ou mécanismes montrant des anomalies. L’élimination des faux positifs et faux négatifs est donc un enjeu majeur pour la maintenance prédictive. Même si ce sujet a passionné de nombreux tables rondes et curieux aux stands, force est de constater qu’à cette heure la précision est malheureusement encore trop faible dans de nombreux cas d’usages.

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1 commentaire

  1. Bonne synthèse des thématiques clés, well done!
    Une version Anglaise en perspective peut-être? 😉 l’article vaut le partage sur Linkedin je pense.

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