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Digital et formation continue : comment ce couple va t-il changer le monde du travail ?

« Il faut faire de sa carrière un sujet du quotidien ». Avec l’expansion fulgurante du digital, notamment de la vague 4.0 (IA, IoT, Big Data, Robotique, etc.), tout le monde comprend le message en filigrane derrière l’affirmation de Bénédicte de Raphaélis Soissan, fondatrice de Clustree : un métier n’est plus un acquis. La transformation professionnelle amenée par le digital est-elle un problème ou une opportunité ? Comment la formation continue peut-elle faciliter la transition d’un monde de métiers à un monde de compétences ?

 

I – Avec les révolutions du digital, il devient nécessaire de se former…

Le digital touche déjà ou touchera tous les aspects du travail : le métier, les compétences et les entreprises…et la concurrence, désormais mondiale.

Depuis quelques années, les entreprises font un constat simple : ne pas tenir compte des changements induits par le digital revient à se suicider économiquement à moyen et long-terme. Elles engagent alors les transformations nécessaires pour prendre de l’avance ou pour rattraper leurs concurrents digitalisés. Ce constat va peu à peu s’appliquer de la même manière aux employés : refuser les transformations professionnelles amenées par le digital risque de mettre en péril sa situation professionnelle.

 

II – …or, c’est précisément grâce au digital que se former régulièrement est possible

Le grand défi pour les professionnels va être d’accepter les changements réguliers induits par le digital et la nouvelle place des compétences au détriment du métier. Comme présentée dans l’infographie ci-dessus, la norme pour les compétences techniques n’est plus la durabilité mais l’obsolescence rapide : la durée de vie moyenne d’une compétence technique est passée de 22 ans en 1970 – ce qui assurait une carrière confortable dans le même métier après ses études – à 2,9 ans en 2018. Autrement dit, moins de 3 ans après l’obtention d’un diplôme, les compétences techniques apprises lors de ces études sont obsolètes. Cette évolution explique la montée en valeur des compétences aux dépends des métiers. Progressivement, les recruteurs vont privilégier les candidats qui possèdent les meilleures compétences plutôt que les candidats qui possèdent les meilleurs diplômes. L’obsolescence rapide des compétences techniques (« hard skills ») va également profiter aux compétences humaines (« soft skills »), comme la capacité à travailler en équipe ou à communiquer efficacement, qui sont davantage durables.

Par conséquent, l’acquisition régulière de nouvelles compétences, c’est-à-dire la formation continue, sera essentielle pour progresser professionnellement. Pour répondre à ce besoin d’apprentissage régulier, de nombreux dispositifs gratuits ou payants, publics ou privés, sont mis en place. Tout d’abord, de nouvelles méthodes d’apprentissage émergent. Les Massive Open Online Course (MOOC), qui sont des formations 100% en ligne, se professionnalisent et certains sont désormais certifiés par des universités prestigieuses comme Harvard ou HEC. Les bootcamps transforment leurs participants en Minimum Viable X en moins de 3 mois – le X correspondant à des métiers comme UX/UI Designer, Full-stack developer ou d’autres métiers émergents du digital.  Concrètement, pendant 2 à 3 mois, les étudiants, du Wagon ou d’Ironhack par exemple, suivent quotidiennement 8 à 10 heures de cours intensifs. L’objectif est, avec seulement ces quelques mois de formation, de leur permettre de trouver un premier travail dans un nouveau métier. Ensuite, la formation continue est encouragée par les entreprises. Consciente de la nécessité de former leurs collaborateurs au digital, elles encouragent leurs employés à utiliser leurs droits à la formation, facilitent les mobilités internes voire même créent leurs propres établissements d’enseignement interne comme la SNCF avec l’Ecole du Numérique. Enfin, c’est l’Etat, à travers Pôle Emploi par exemple, qui encourage les actifs à se former en continu, et notamment au digital.

La nécessité d’acquérir des compétences digitales s’accompagne aussi d’une évolution des modes de travail. En s’appuyant sur Le futur du travail en 2030 : quatre atmosphères ?,du réseau international et think tank RGCS, trois modes de travail ont été retenus : freelance/digital nomad, salarié et hybride.

Ces modes de travail révèlent des antagonismes complexes entre mobilité/télétravail et sédentarité, entre autonomie et précarité, entre entreprendre et dépendre, entre liberté et sécurité et entre autonomie et contrôle. Ce sera le rôle des actifs, des entreprises et des gouvernements d’agir en faveur de la constitution d’un contexte juridique et économique propice à équilibrer ces différents modes de travail.

Couplés, les nouveaux modes de travail et la formation continue vont permettre aux personnes de personnaliser complètement leur parcours. En ce sens, la transformation professionnelle provoquée par le digital offrira beaucoup d’avantages à ceux qui seront assez courageux et flexibles pour « faire de leur carrière un sujet du quotidien ». Ces professionnels de demain seront plus autonomes, plus libres et leur travail aura plus de sens pour eux puisqu’il sera adapté à leurs envies.

 

III – Finalement, la formation continue, aujourd’hui difficile à envisager pour certains, sera le socle de l’épanouissement professionnel des futures générations

Car des exemples sont souvent plus parlants que de longues diatribes théoriques, nous vous proposons de suivre les parcours professionnels fictifs de Léo et Alice, deux enfants nés en 2000.

 

 

 

 

En conclusion, la transformation digitale et l’essor de la formation continue induisent des difficultés mais aussi des opportunités. Elles font apparaître un lien plus évident entre travail et autonomie, liberté et passion. Mais ces valeurs, fascinantes pour les amateurs de changement, peuvent inquiéter des adultes installés dans leur métier et attachés à la stabilité. Pourtant, tout comme les entreprises doivent réussir leur transformation digitale, les professionnels vont devoir réussir leur transformation digitale pour profiter d’une carrière épanouie.

 

Sources

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