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AI Paris 2018 – Retour sur les principales annonces lors du salon sur l’Intelligence Artificielle

La seconde édition du salon de l’Intelligence Artificielle (AI Paris 2018) nous a ouvert ses portes les 11 et 12 juin 2018. Plus de 80 exposants, de nombreux ateliers et deux salles de conférence ont accueilli près de 2500 experts du numérique à la Cité de la Mode et du Design (Paris 13e).

Déployer l’IA en entreprise: de la phase pilote à l’industrialisation des projets – Avec SwissLife, Groupe La Poste, La Redoute

L’intelligence artificielle fascine autant qu’elle effraie. Mais toutes les entreprises savent qu’elle va révolutionner leurs business model, et cela quel que soit leur secteur d’activité. De ce fait, les participants de multiples secteurs étaient venus en masse : l’industrie, l’énergie, les transports, la distribution, la défense, le public ainsi que tous les acteurs du numériques (de Google à Qwant, en passant par Amazon et La Redoute).

 

Intelligence Artificielle : Kesaco ?

Mais qu’est-ce que l’intelligence artificielle (IA en français ou AI en anglais pour Artificial Intelligence) ? Ce terme désigne « l’ensemble de théories et de techniques mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence ». C’est Alan Turing qui, en 1950, créa ce concept dans son livre « Computing Machinery and Intelligence ».

Ces dernières années, grâce à l’explosion des capacités de calcul des outils informatiques ainsi qu’à l’arrivée de nouvelles techniques algorithmiques telles que le deep learning, l’IA est de plus en plus déployée et s’installe progressivement dans notre quotidien, ce qui en fait un sujet d’actualité majeur. L’apprentissage automatique des machines entretient la promesse de développer une intelligence qui serait capable à terme de dépasser les capacités intellectuelles d’un être humain ; c’est en tout cas ce que pensent de nombreuses personnes comme Bill Gates, Elon Musk, Ray Kurzweil ou feu Stephen Hawking (on parle alors de singularité technologique).

Les usages de l’IA sont multiples, passant de la voiture autonome aux assistants virtuels personnels, aux bots conversationnels ou encore aux robots à l’apparence humaine comme Sophia, qui a reçu la nationalité saoudienne l’an dernier.

 

Cas d’usage abordés divers et variés pour l’entreprise

Les assistants virtuels dotés d’IA sont partout : Google Assistant, Siri, Cortana ou encore Alexa. Leur mission est simple, répondre à toutes les questions et envies de leurs utilisateurs. Les GAFA adorent les données personnelles et ces dernières sont aujourd’hui encore plus nombreuses grâce (notamment) à l’utilisation de plus en plus fréquentes de ces assistants présents dans nos smartphones, tablettes, ordinateurs ou enceintes connectées.

Dans ce contexte, le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) mis en application au mois de mai dernier, a pour objectif d’offrir aux citoyens européens un certain nombre de protections telles que : le droit à l’oubli, le droit à la portabilité, ou encore l’obligation des sociétés de sécuriser les données de leurs clients. Nous avons abordé le sujet plus en détails dans cet article.

Il y a encore peu de temps, les avancées technologiques utilisées par le grand public venaient du monde de la défense ou de l’industrie. Ce n’est maintenant plus le cas, puisque l’IA utilisée aujourd’hui a été pensée pour le grand public mais que les entreprises de service trouvent toujours plus d’applications concrètes pour les utiliser afin de leur permettre d’économiser temps et argent.

 

Stands du salon AI Paris 2018

Des données travaillées

Les exemples d’application proposés par les exposants du salon étaient multiples. Les solutions d’analyse de contenus non structurés que proposent QWAM ou DreamQuark permettent aux entreprises d’analyser d’importantes quantités de data pour en faire émerger certains éléments essentiels et indicateurs clés.

Lors d’une conférence, DreamQuark et son client BNP Paribas Personal Finance ont, par exemple, expliqué que la solution proposée leur permettait de détecter les fraudes bancaires avec beaucoup plus de facilité et de justesse, le tout beaucoup plus rapidement.

 

Des feedbacks boostés à l’IA

Autre exemple d’utilisation de l’IA, Q°emotion propose une solution qui détecte les émotions ressenties dans les feedbacks écrits des clients et/ou collaborateurs d’une entreprise. Cette identification et analyse des émotions permet de trouver des solutions plus rapidement pour améliorer l’expérience client, mais également de prioriser les actions à prendre. Les émotions positives servent quant à elles à mieux comprendre le client et ses attentes, les actions à poursuivre ou à développer.

 

Des chatbots intelligents

Exposants et experts au salon AI Paris 2018

Des chatbots intelligents (Konverso / Davi) ont également été présentés et permettent de régler des problèmes (souvent de l’assistance), en remplaçant la FAQ traditionnelle des sites web et en désengorgeant les centres d’appels de questions redondantes et/ou à faible valeur ajoutée. Les organisations les utilisant réussissent à répondre plus efficacement aux attentes et questionnements de leurs clients, laissant plus de temps disponible aux collaborateurs pour les questions les plus poussées qui nécessitent une intervention humaine.

 

Des solutions de yield management

Enfin, lors de la conférence de Rent A Car et de PriceMoov, nous avons pu voir une application de l’IA au Yield Management (management des prix de vente). La technologie proposée par PriceMoov permet à Rent A Car de proposer des prix ajustés en temps réel en fonction des données internes à l’entreprise (stock de voitures disponibles, prix de location moyen, etc) et des données externes (météo, weekend prolongés, vacances, prix des concurrents, etc). La prise en compte de toutes ces données permet à l’entreprise de proposer le juste prix au client.

 

L’intelligence artificielle au sein de nos sociétés

En plus de toutes ces solutions, mettant en avant les progrès de l’IA au sein de l’écosystème des entreprises mondiales, les organisateurs du salon ont jugé bon de s’interroger sur la future place de ces intelligences artificielles au sein de notre société.

Nous avons donc eu droit à une intervention de Maître Alain Bensoussan, avocat au sein du cabinet Lexing Alain Bensoussan Avocats, partisan d’un encadrement éthique des codeurs. Entre droit de propriété, fondement du capitalisme qui régente notre mode de vie, et reconnaissance de l’intelligence artificielle comme personne morale dans notre système juridique, Maître Alain Bensoussan a délivré un point de vue intéressant interrogeant la validité d’une primauté absolue de l’humain sur la machine (il ira même jusqu’à nous avouer qu’il est lui-même contre l’idée d’un « bouton rouge » permettant à l’humain d’interrompre à tout moment l’activité d’une intelligence artificielle). Cette question, très intéressante à nos yeux, sera plus largement détaillée dans un prochain article.

Pour conclure

C’est donc avec une imagination bouillonnante et des questions plein la tête que nous avons quitté le salon de l’IA. Bien que confiants et impatients d’assister aux progrès de la science des intelligences artificielles, nous ne pouvons nous empêcher de nous interroger sur l’impact que pourraient avoir une surveillance accrue et appuyée d’intelligences prédictives (brace yourselves, « Person of Interest » is coming…) – proposée entre autres par l’agence XXII – ou les agents virtuels type Amélia (IPsoft), ambitionnant à terme de remplacer les collaborateurs humains sur de plus en plus de tâches complexes, sur notre liberté, notre vie privée et l’accès à l’emploi des générations futures.

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