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Salon Intranet, Collaboratif et RSE : Quelles tendances sur le marché des solutions collaboratives ?

Le numérique et les changements sociétaux influencent nos attentes envers les entreprises. Pouvoir travailler de manière plus collaborative, avec un accès centralisé aux ressources et depuis n’importe quel lieu ou terminal, sont autant d’enjeux auxquels doivent faire face les entreprises aujourd’hui.

Du 21 au 23 mars dernier, nous avons assisté au salon ICR (Intranet, Collaboratif et RSE), durant lequel de nombreux éditeurs de solutions collaboratives, pour la plupart français, nous ont présenté leurs produits ainsi que leurs visions des tendances et des facteurs clés de succès de ce marché. A travers cet événement nous avons pu découvrir de nouvelles solutions répondant aux problématiques liées à la gestion des connaissances, au marketing digital, à l’émergence des espaces de travail numérique, à la convergence entre intranet, espaces collaboratifs et RSE, et enfin aux méthodes d’accompagnement au changement qui leur sont indispensables.

Voyons ensemble quelles tendances sur le marché français pouvons-nous observer et quelles sont les solutions qui nous ont marqué.

Une demande segmentée

La collaboration en entreprise a toujours existé. Internet lui donne simplement une nouvelle dimension. C’est dans ce contexte que l’entreprise doit s’adapter et se transformer, à la fois en réponse à l’évolution des attentes de ses collaborateurs, mais également à cause des changements rapides de la demande des clients finaux. Cependant chaque entreprise n’a pas les mêmes besoins. En effet, au regard de nos échanges avec les différents acteurs présents lors de ce salon, deux grandes tendances ressortent en termes de demande.

TPE et PME : la personnalisation pour être plus productif

Les TPE et PME prennent conscience que la collaboration peut leur permettre de gagner en productivité et que cet investissement n’est aujourd’hui plus hors de prix. Ces acteurs sont peu tentés par les suites d’outils standardisés des éditeurs américains, notamment en raison de l’écart entre les besoins spécifiques des utilisateurs et les solutions proposées. Ainsi de nombreux éditeurs se concentrent sur ce segment. Comment les éditeurs peuvent-ils atteindre ces types d’entreprises ?

Premièrement en développant des outils personnalisés capables de répondre à des besoins métiers bien spécifiques. En effet, le fonctionnement des TPE et PME peut être très varié et n’est pas forcément prise en compte par les éditeurs les plus connues. Par conséquent, certains éditeurs français ciblent ces entreprises aux besoins précis (veille stratégique automatisée : Sindup, Talkwalker ;  marketing & vente : Liferay ; présence automatisée sur réseaux sociaux : Sociallymap ; gestion de documents et d’emails : Face&You, Timyo, ; modélisation des données : Ardans ; gestion de projet : Wrike…). Une autre initiative est le développement de solutions en open source, modifiables par le client lui-même. Ainsi, afin de rentabiliser les efforts de développement de solutions spécifiques à certains métiers, les éditeurs cherchent à industrialiser leurs produits en ciblant des prospects évoluant dans des secteurs similaires à leurs clients.

Par ailleurs, de plus en plus d’entreprises décident de s’engager dans une démarche de travail plus social et collaboratif en transformant leur intranet existant en un réseau social d’entreprise (RSE). Les éditeurs prennent le pas et conçoivent des RSE simples d’utilisation et capables de s’interconnecter avec les outils déjà utilisés par leurs clients (Inspheris, Jive, Seemy, Talkspirit , Whaller). Les fonctionnements et visuels de ces derniers se veulent proches des principaux réseaux sociaux que les collaborateurs utilisent dans le cadre de leur vie privée. Nous pouvons par exemple pointer la ressemblance entre Jamespot et certaines interfaces de smartphones et systèmes d’exploitation que nous connaissons bien.

Dans ces deux cas, la nécessité de répondre aux besoins de croissance de l’entreprise et donc la possibilité d’augmenter le nombre d’utilisateurs et des données circulants au sein du système doit être prise en compte par l’éditeur.

Grandes entreprises : unifier mes outils pour être plus agile

Les grandes entreprises quant à elles cherchent à avoir une organisation moins cloisonnée et à être plus agile. Ceci a pour but de répondre de manière plus directe aux évolutions rapides du marché (clients, législation, concurrence…).

Par conséquent, elles recherchent des solutions permettant de centraliser et d’unifier leurs outils déjà existants, notamment en créant une couche de cohérence par-dessus l’ensemble des disparités de fonctionnement et d’organisation de leurs départements. Ainsi, certains éditeurs transforment la digital workplace (le portail d’accès aux outils digitaux métiers, collaboratifs ou non), permettant ainsi d’une part d’avoir un visuel personnalisé et d’autre part de regrouper en un lieu unique différentes applications ne provenant pas de la même suite ou du même éditeur (United Planet, Elium, Exo platform, Glowbl, Hoozin, Jalios, Jamespot, Liferay, Xwiki SAS). Enfin, certains éditeurs prennent le pari de développer des workplaces contenant leurs propres applications métiers (enrichies en fur et à mesure des besoins clients), s’interopérant avec des applications provenant d’autres éditeurs et enfin en proposant un service de création d’application métier par les entreprises elles-mêmes (Jamespot).

Une autre alternative est de s’engager pieds et poings liés dans des solutions globales proposées par de plus gros éditeurs. Les acteurs présents lors de ce salon déconseillent évidemment cette dernière, trop risquée et contraignante à leurs yeux.

Pour ces deux segments une certaine unité se dégage en ce qui concerne les points d’attention et les critères déterminants dans le choix d’une solution. Quid de la mobilité, de la facilité d’utilisation, du temps de déploiement, de l’hébergement des données, de l’interopérabilité, de l’engagement et enfin du fameux ROI si difficile à mesurer dans ce genre de projets ?

Une offre qui vient compléter celle des gros éditeurs américains

La majeure partie des éditeurs rencontrés lors de ce salon sont des éditeurs français de taille relativement petite (maximum 1000 collaborateurs et la plupart en dessous de 50). Par conséquent, leur champ d’action n’est pas comparable à ceux des éditeurs que nous connaissons bien.

D’après nos échanges avec une quinzaine d’éditeurs présents et au regard des interventions lors des conférences auxquelles nous avons assisté, la tendance globale est à la complémentarité avec les offres majeures du marché ainsi qu’à la personnalisation des applications métiers. En effet, excepté certains acteurs que nous présenterons plus bas, les éditeurs français ont a priori plus une position de suiveur et d’adaptation qu’une démarche d’innovation disruptive.

Ainsi, la majorité des solutions proposées fonctionnent en SaaS (les logiciels sont installés sur des serveurs distants et sont accessibles grâce à un portail web) permettant ainsi une connexion via différent terminaux, en situation de mobilité ou non. Ces systèmes permettent également un point d’accès unique au divers outils (sous forme de portail), grâce auquel il est possible d’avoir accès à des sous-réseaux et à diverses fonctionnalités selon les attributs des utilisateurs.

Par conséquent, la valeur des solutions se situent sur la prise en compte de deux critères. Le premier est la justesse des applications métiers quant aux besoins réels des utilisateurs, la personnalisation. L’expression des besoins dans ces types de projets est donc primordiale et c’est cette étape clé qui est mise en avant par les éditeurs. C’est également un argument de différenciation face à leurs concurrents américains et certains éditeurs français se focalisent sur des niches sectorielles ou fonctionnelles pour tirer leur épingle du jeu. Le second critère concerne la stratégie de plateforme. En effet, la valeur d’une plateforme correspond d’une part à la qualité de son écosystème : les outils que la plateforme permet d’utiliser et d’interconnecter. D’autre part, c’est la capacité à uniformiser les contenus et à créer des passerelles entre différents outils incompatibles (Google Suite et Office 365 par exemple). Ceci permet entre autres aux entreprises ne désirant pas s’engager complètement auprès d’un éditeur unique d’utiliser plusieurs solutions ou de mieux collaborer avec des partenaires ayant des outils différents.

Désormais, les PME et associations sont des cibles privilégiées, mais certains éditeurs arrivent à décrocher des contrats avec de plus grands groupes (le déploiement se fait généralement après une phase de test auprès d’un échantillon plus restreint, comme une filiale ou un département). Après cette phase d’étude quels acteurs avons-nous identifié et quel est leur positionnement sur ce marché ?

Trois solutions à surveiller

Nos discussions avec des visiteurs ou des représentants de solutions nous font tirer le constat suivant : la collaboration ne fait plus peur aux chefs d’entreprises. Elle est au contraire acquise et ces derniers souhaitent la développer de façon optimale et sont conscients des impacts qualitatifs et financiers qu’elle peut engendrer. Leur question est désormais comment : Comment puis-je créer une synergie entre mes salariés ? Comment puis-je les « digitaliser » et les faire se sentir aussi impliquer dans ce nouveau challenge ?

Les entreprises recherchent ainsi des solutions concrètes auprès d’acteurs disponibles. Et les solutions n’ont pas manqué au salon : outil sur mesure, pack digital workplace tout en un, coach virtuel, gamification, e-learning ou plateforme RSE analytics ; les acteurs traditionnels tels Jive, Microsoft ou IBM Connection auront à surveiller ces acteurs, certes plus modestes mais pour certains aux solutions plutôt innovantes.

“Smart Place” de Jamespot : la digital Workplace tout en un, personnalisable, accessible et surtout disponible sur mobile !

Fondée en 2005, Jamespot est un éditeur de logiciel français spécialisé dans les solutions collaboratives et sociales. L’entreprise s’est rapidement imposée et différenciée sur le marché des RSE face aux plus grands. A l’occasion du salon, Jamespot nous a dévoilé son dernier outil, appelé « Smart Place ».

Smart Place est une solution SaaS de Digital Workplace offrant aux organisations un espace de travail numérique unique et unifié permettant d’accéder à un ensemble de plus de 100 applications métiers en quelques clics. Smart Place se différencie par son inspiration originale des usages du mobile et apporte une interface ergonomique et structurée. Le parcours utilisateur est simple et les applications incroyablement intuitives. Et c’est pourquoi Jamespot a semblé séduire les petites et moyennes entreprises par leur offre accessible, le prix moyen étant de 7 euros par utilisateur.

Cependant l’outil n’est pas spécialisé en terme d’analytics. En effet Smart Place est composée d’une interface metrics très généralistes avec une approche “engagement”.

Ce que nous retenons chez Smart Place est la possibilité de l’installer également sur mobile. Lors des conférences, cet aspect a énormément séduit les entreprises dont les salariés sont de plus en plus mobiles géographiquement et IT addicts.

Ce que nous retenons :

  •     Une interface ergonomique, simple, structurée façon smartphone
  •     Une application dédiée à la productivité
  •     L’intelligence collective en toute mobilité
  •     Démo en ligne possible

Lecko Analytics : la plateforme de metrics

Lecko est une entreprise de conseil en transformation digitale proposant des offres en termes d’accompagnement mais également d’outils. Plus particulièrement, leur dernier outil Lecko Analytics a retenu notre attention sur le salon.

Lecko Analytics est un outil complet en termes de mectris. Il permet principalement de mesurer l’évolution des comportements d’engagement et c’est précisément en ce point que Lecko se différencie des autres solutions proposant des statistiques d’utilisation très généralistes et que nous avons bien souvent du mal à comprendre et à interpréter. La force de l’outil est dans un premier temps de récupérer un ensemble d’informations statistiques, dans un second temps de les synthétiser et finalement d’en tirer des conclusions et par exemple des types utilisateurs en termes d’engagement. L’outil Lecko a le mérite de dessiner l’évolution des comportements d’engagement individuels et collectifs. Pour un tel produit, sur une plateforme de moins de 5 utilisateurs, comptez 1500 € de frais de services et un prix de 6000 € pour un abonnement annuel.

 

Ce que nous retenons :

  • Un outil qui donne un véritable sens aux données
  • Représentation visuelle simplifiée des résultats
  • Compatibilité avec la plupart des solutions du marché Bluekiwi, Chatter, IBM Connection, Jalios, Jamespot, Jive, Knowledge Plaza, Seemy, Talkspirit, Yammer

“Cix”, l’outil Kimind : la première plateforme solide de “quantified self” !

Créée en 2008, Kimind a été un de nos coups de cœur grâce à sa solution Cix, innovante et répondant intelligemment aux nouvelles demandes des entreprises que sont collaboration, gestion des connaissances et montée de la digitalisation de leurs salariés. Kimind s’est imposée sur le salon comme la première plateforme en ligne de digital empowerment à grande échelle.

La première force du produit est qu’il peut se plugger sur les solutions déjà existantes tels Google (Google Apps), Microsoft (Office 365), IBM (IBM Connections) ou XWiki (XWiki). Par ailleurs, nous avons trouvé la méthodologie Kimind très pragmatique, opérationnelle, agile et surtout orientée utilisateurs. L’outil propose des metrics quantitatifs et qualitatifs solides et le concept d’indice de digitalisation pour chaque user est extrêmement séduisant.

Concrètement, l’outil permet de recenser différentes statistiques utilisateur portées sur trois axes : la consultation, la diffusion et la contribution. Par exemple Cix analyse le nombre de likes sur la dernière semaine d’un utilisateur, le nombre de fois où il a partagé une publication et le nombre d’articles qu’il a publié. Ainsi l’outil recense plus de 80 mectrics différents permettant à la fin d’attribuer à chaque user un indice de digitalisation universel. L’utilisateur pourra par la suite comparer son indice aux restes des salariés anonymement et surtout le comparer face aux attentes de son entreprise, qui peut elle-même via l’interface fixer ses objectifs. Cix va encore plus loin en accompagnant l’utilisateur à améliorer ses ‘performances digitales’ en lui proposant un coach virtuel l’orientant vers des formations en ligne ciblées associées à des rappels interactifs par email.

La force de Kimind est donc d’associer ‘Monitoring’ et ‘Empowerment’.

Lancée, en Juillet dernier la solution semble séduire avec un taux de satisfaction et de réussite de plus de 70 %. Amazon Web services, Google, ENGIE ou acteurs de la grande distribution et de l’industrie et mêmes municipalités l’utilisent désormais et semblent séduits.

(Cliquer pour démarrer la vidéo)

Ce que nous retenons :

  • Plateforme de metrics très complète
  • La création d’un indice de digitalisation pour chaque salarié
  • Un coach virtuel moderne
  • Compatibilité avec Office 365, Microsoft et Google G suite.

Finalement le Salon Intranet, Collaboratif et RSE permet pour les initiés de cerner concrètement les tendances du marché ; ses acteurs et les évolutions des solutions proposées. A retenir la spécialisation est à l’ordre du jour ! Chaque acteur souhaite devenir leader en termes de solution collaboratives, que ce soit en répondant à un usage spécifique, en favorisant le suivi de l’activité et de l’adoption des outils collaboratifs, ou enfin en facilitant l’interopérabilité des solutions présentes sur ce marché.

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