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Réalité augmentée et superposée : l’Histoire comme vous ne l’avez jamais vue !

Imaginez pouvoir visualiser en temps réel, la ville de Pompéi telle qu’elle était avant l’éruption du Vésuve en 79 avant J.C, et les ruines actuelles! C’est aujourd’hui possible grâce à la réalité augmentée.

La réalité augmentée permet de superposer un modèle virtuel en 2D ou 3D à la perception qu’on a naturellement de la réalité, le tout en temps réel. Et puisque l’innovation ne s’arrête jamais, la réalité augmentée a déjà une petite sœur : la réalité superposée, technologie brevetée par SKY BOY qui se différencie de la réalité augmentée notamment par le contenu diffusé et à laquelle nous nous intéresserons plus particulièrement plus loin dans cet article.

Des Enjeux majeurs et des applications concrètes

L’utilisation de la réalité augmentée dans la sphère patrimoniale est encore marginale mais répond pourtant à trois enjeux majeurs pour le secteur :

Séduire de nouveaux visiteurs

L’utilisation de la réalité augmentée s’inscrit dans un profond changement voulu par la sphère patrimoniale afin de rendre la visite d’un site culturel plus accessible. La découverte d’un espace historique n’est alors plus centrée uniquement sur la présentation d’objets ou de lieux mais sur leur mise en scène.

Un principe fondamental est à l’origine de cette nouvelle logique : le visiteur interagit en temps réel avec l’environnement, lui-même filmé par le terminal mobile. Ce terminal peut être une tablette louée spécifiquement pour la visite, un smartphone privé, une borne, tout dépend du lieu et du choix qui a été fait. Le visiteur n’est donc plus seulement spectateur de la visite, mais devient réellement acteur. Cette expérience ludique et nouvelle répond aux exigences d’une population de plus en plus technophile et habituée aux interactions avec les objets ou l’environnement.

C’est fort de ce constat que le château de Chambord a mis en place l’Histopad à l’occasion du 500ème anniversaire de l’avènement de François Ier, afin de rendre hommage au roi bâtisseur. Le château de Chambord n’était pas la résidence principale de François Ier et possède donc peu de mobilier mais n’en reste pas moins un symbole de cette époque fastueuse. La réalité augmentée permet grâce aux restitutions 3D de découvrir Chambord à l’époque du Roi bâtisseur : le mobilier y est analysé et les reconstitutions à 360° offrent une immersion complète. Une expérience immersive qui séduit petits et grands et qui offre un regard nouveau sur un des plus célèbres châteaux français !

Valoriser le patrimoine culturel

La valorisation du patrimoine culturel est un enjeu majeur pour les institutions culturelles. En effet, lorsqu’une personne visite un lieu culturel, son appréhension de l’espace historique se heurte aux limites de son imagination et à sa capacité de projection dans la période du lieu visité. La réalité augmentée vient aider le visiteur dans cette projection et permet ainsi de valoriser le patrimoine. Par ailleurs, contrairement à la réalité virtuelle, le visiteur doit se trouver sur le site culturel pour pouvoir utiliser le dispositif. Cette caractéristique propre aux technologies de réalité augmentée qui ont besoin de marqueurs dans l’espace pour pouvoir se repérer, est perçu comme un avantage par les institutions culturelles. L’objectif de la réalité augmentée n’est pas de se substituer à l’existant (guide touristique, site…) mais d’apporter un éclairage nouveau et différent.

L’application mobile « Arromanches 44 » illustre parfaitement cette volonté d’immerger pleinement le visiteur dans l’Histoire. Arromanches est un des principaux sites du Débarquement. En 1944, les Alliés ont en effet construit un port artificiel afin de faciliter le débarquement du matériel nécessaire au combat. L’application mobile permet à l’utilisateur une fois sur la plage d’Arromanches de visualiser en temps réel, les installations que les Alliés avaient déployées sur la plage et en mer pour débarquer et soutenir les opérations sur terre. L’image s’adapte fonction du lieu où se situe le visiteur, qui peut ainsi tourner à 360° pour lui permettre de revivre l’Histoire.

Offrir un regard nouveau sur notre environnement.

Les vestiges de l’Histoire se trouvent parfois tout près de nous sans que nous en ayons pleinement conscience. La réalité augmentée est un outil qui permet de mettre en valeur ce patrimoine disparu qui a pourtant joué un rôle majeur dans l’Histoire.

La numérisation d’un espace partiellement disparu permet d’obtenir des images 3D des vestiges et d’y rajouter par la suite les parties manquantes détruites par le temps. Ces dernières seront reconstituées à partir des travaux des historiens réalisés en amont. Le montage aura pour objectif de créer une image d’ensemble cohérente et fidèle à la réalité historique. C’est ce travail qui a été réalisé à Jumièges en Seine Maritime. De cette abbaye fondée au VII ème siècle, il ne reste aujourd’hui que quelques vestiges. Afin de valoriser ce patrimoine singulier, un projet de « reconstruction virtuelle » de l’abbaye est né afin de proposer aux visiteurs de visualiser l’abbaye à différentes époques.

Dans la même optique, la ville de Bordeaux a créé « Imayana ». Cette application est destinée à favoriser la découverte urbaine en jouant sur l’interaction et l’aspect ludique de la visite patrimoniale. Le visiteur se retrouve plongé au cœur de Bordeaux au XVIIIème siècle. Muni d’une tablette et d’un casque disponible en location, le visiteur suit un parcours pédestre ponctué d’étapes où des animations sont disponibles : reconstitution de monuments d’époque avec la réalité augmentée, apparition de personnages historiques, le tout ponctué de petites anecdotes relatées dans un ton fortement personnalisé. Tout est fait pour éveiller la curiosité du visiteur et l’amener à s’approprier l’histoire de la ville. Le visiteur est acteur de sa découverte et choisit les points qu’il veut examiner plus en détails. Les visiteurs semblent unanimes : l’expérience est spectaculaire !

De tels changements demandent un réel investissement, financier mais également scientifique, de la part des institutions culturelles mais le jeu en vaut vraisemblablement la peine. La conception d’un contenu historique  utilisant la réalité augmentée est un travail d’équipe : historiens, metteurs en scène, développeurs doivent travailler main dans la main pour s’assurer que scénarisation, indispensable à la création d’un dispositif ludique, et contenu historique s’accordent bien. Le choix du support (tablettes, smartphone, bornes « Ray-on » …) et de la technologie de réalité augmentée (informative, panoramique, animée…) sont des éléments stratégiques dans la réussite d’implémentation d’un tel dispositif sur un site historique.

De la Réalité augmentée à la Réalité superposée : un challenge made in France.

Visualiser un bâtiment et son architecture tel qu’il était il y a 200 ans c’est bien, être spectateur des événements phares de son Histoire, cela peut être encore mieux.

Ceci est désormais possible grâce à la start-up française SKY BOY qui a inventé la réalité superposée. Le principe est simple :  En pointant son Smartphone devant lui, l’utilisateur se retrouve immergé dans une histoire qui se déroule à l’endroit exact où il se situe et à 360° autour de lui. Il est ainsi plongé au cœur d’une expérience où réalité et virtualité se superposent.

Un tel dispositif a déjà été implémenté par l’office de Tourisme de Ouistreham afin de faire revivre le débarquement aux visiteurs. Des obus qui éclatent, des avions qui passent au-dessus de votre tête, l’immersion à 360° « Soldat Léon » est complète.

Les enjeux de l’utilisation de la réalité augmentée dans la sphère patrimoniale présentés ci-dessus sont également valables lorsqu’il s’agit de réalité superposée. Néanmoins, à la différence de la réalité augmentée, le contenu diffusé est une vidéo. La réalité superposée se veut également moins coûteuse et moins contraignante que sa sœur. Cependant tout comme la réalité augmentée, l’expérience en réalité superposée est possible uniquement à un endroit précis et participe donc à augmenter l’attractivité d’un site.

Gagnante du prix « Travel Hub » lors du salon IFTM-2016 (salon international de l’industrie du tourisme), la start-up s’est distinguée comme la plus innovante dans le secteur du tourisme et a breveté sa technologie.

Réalité augmentée ou superposée, ce dont on peut être néanmoins certain une fois avoir expérimenté ces technologies sur un site historique est qu’elles permettent de découvrir l’Histoire telle qu’on ne l’a jamais vue auparavant !

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