G20 Strategy & Management Summit : management, organisation et Innovation – 2/2

Le 29 juin 2016, nous faisions partie des 550 présents à la 6e édition du G20 Strategy & Management Summit – édition Croissance et Innovation à Paris. Organisé par Leaders League, ce sommet des décideurs a connu la participation d’une cinquantaine d’intervenants. Vous avez pu découvrir les enseignements des conférences portant sur les thématiques : Stratégie de Croissance et Stratégie Marketing dans le premier volet de notre rétrospective « G20 Strategy & Management Summit : Croissance et Innovation à Paris 1/2 » , vous pouvez maintenant connaître ceux concernant la Stratégie d’Innovation, le Management & l’Organisation.

Ainsi, pour les intervenants venus animer le débat, réussir sa transformation à l’aune du digitale passerait par 5 principes clés

Organisation

Cécile Lagé, a été nommée CDO de la Française Des Jeux en Janvier 2016.

Membre du Comex, elle est à la fois Chief Digital Officer et Chief Marketing Officer. Elle personnifie donc à elle seule, un choix : celui de réunir le département marketing et le département digital.

Teamwork Team Together Collaboration Diversity People ConceptLa française des jeux souhaite aller encore plus loin, un pilote y est en cours pour réunir physiquement sur le même plateau les équipes responsables du SI et celles dites « Métier » (marketing et digital). La partie digitale du Chiffre d’affaire étant de plus en plus importante, travailler en commun est devenu un impératif.

Prise de conscience similaire au sein du groupe SEB. Bertrand Neuschwander, Directeur Général Délégué COO, explique que sa volonté de casser les silos est grande. Ses différentes équipes apprennent tous les jours à travailler autrement car le digital transforme non seulement leurs métiers mais aussi la façon dont il est perçu.

Frank Bonin, Directeur Commercial & Marketing à la Société Générale Private Banking France, partage le constat qu’une organisation matricielle ne peut générer que des difficultés. Or dans un environnement ultra-digitalisé, l’efficacité exige de plus en plus d’agilité.

Collaborateurs

Pour Damien Verdier, Group Chief Strategy, Organization, Development, Research & Innovation Officer chez Sodexo, les collaborateurs sont aujourd’hui bousculés par le rythme rapide des évolutions. Il devient ainsi primordiale d’animer aussi l’expérience collaborateur pour que le digital soit réellement un accélérateur.
Sodexo qui s’est donné pour mission « d’améliorer la qualité de vie » de ses clients, développe aussi depuis peu des initiatives qui améliorent la qualité de vie des salariés. Écoute et accompagnement sont au cœur du dispositif; l’engagement salarié est primordial pour la réussite de toute transformation.
Cette gestion des Ressources Humaines est également indispensable pour Bertrand Neuschwander. Il s’agit pour lui, de permettre à tous de participer à l’évolution digitale, de ne surtout pas créer de « Gap générationnel »;

Ce ralliement des troupes passe donc par l’accompagnement, la vulgarisation, la formation, beaucoup de pédagogie… et par la création d’un vocabulaire interne commun car dans le digital les buzzwords défilent.
Business people joining handsA la FDJ, pour faire évoluer la culture d’entreprise et rendre l’entreprise encore plus « numérique friendly », quatre initiatives ont été co- construite par la DSI, le CDO et les RH :

  • La création d’une plateforme virtuelle de test des outils numériques ouverte à tous
  • La mise en place d’une plateforme pour la remontée de la « voix du collaborateur »
  • L’envoi d’un push de veille dédié aux sujets du digital et de l’innovation sous le format « 1 jour => 1 info »
  • L’organisation d’événements pour « décoder les nouveaux usages »

Les gains suite à ces initiatives ? Une expérience collaborateurs optimisée et de jeunes talents de nouveau attirés par une entreprise qui leur semble «dépoussiérée».

Cette envie d’attirer des talents est partagée par tous. Pour y parvenir, la Société Générale a choisi d’établir un partenariat avec l’école 42 de Xavier Niel.

Eric Charpentier, CEO de Morning, illustre bien cette volonté d’animer une réelle expérience des collaborateurs par sa startup des Fintech. Installée à 40 Km de Toulouse dans un village de 900 habitants. Les talents qui rejoignent Morning viennent pour « prendre part à l’aventure digitale et humaine».

Intra-preunariat

Pour Frank Bonin la vraie question soulevée par le digital est « va-t-on encore être là dans les années à venir? Et quel parcours client veut-on offrir pour y parvenir? »

La Société Générale a choisi de répondre à cette question par l’intra-prenariat. Ainsi, les salariés porteurs d’idées innovantes en lien avec les axes stratégiques de la Banque sont littéralement extraits de la structure globale ; Ils travaillent dans des espaces de co-working externes, pour leur offrir une plus grande agilité qu’au sein du grand groupe. Ce n’est qu’une fois le développement de l’innovation avancé, que leur réintégration dans la structure classique est envisagée. Ces projets, quoi que suivis par le Comex, restent assez éloigné des considérations de coûts et de ROI, car leur objectif est d’assurer la viabilité à long terme de l’entreprise. L’investissement se fait donc en conséquence.

Investissement

Relationship, media, business.D’autres acteurs présents autour de la table ont choisi d’investir à leur manière. La FDJ, a monté un fond d’investissement. Continuellement sollicités par des startups depuis, ces décideurs ont fait le choix de se concentrer sur des activités connexes à leur cœur de métier et investissent dans 3 fonds : deux généralistes et un orienté Gaming.

Damien Verdier, confirme que Sodexo a également opté pour la création d’un fond d’investissement afin de participer au développement des startups sans forcément les acquérir, à l’instar de ce que fait le groupe SEB depuis 2011.

Innovation

En 2016, trouver le moyen de s’enrichir de l’innovation de rupture pour assurer sa croissance est un vrai sujet. Mais qu’est-ce qu’une innovation de rupture ?

L’innovation de rupture est une innovation qui induit un changement de concept, aboutit à une augmentation des bénéfices et une réduction des coûts pour l’usager ; Elle ne s’appuie pas nécessairement sur une nouvelle technologie mais permet toujours la création de nouvelles habitudes. L’exemple le plus parlant à ce propos est l’iPhone d’Apple: à sa mise sur le marché, il n’incorporait aucune nouvelle technologie. Vite devenu une référence, il a créé de nouvelles habitudes chez les usagers, instauré de nouvelles normes auxquels tous les acteurs du marché ont dû se plier.

Une autre innovation est en phase de détrôner le smartphone : la réalité augmentée. C’est ce qu’est venu partager, André Lorenceau, fondateur et CEO de LiveLike. Pour donner vie à son produit, qu’il commercialise en marque blanche, il a « ré-imaginé la manière dont on peut regarder le sport en utilisant la réalité augmentée».

Bulding a new creative ideaEn attendant, chacun fait de l’innovation incrémentale son crédo.

La FDJ souhaite ainsi miser sur l’innovation et se positionner sur le créneau du « test and learn » ; un challenge lui a permis la mise en place de deux pilotes autour de la data en point de vente et la manière dont le digital pourrait les moderniser et y fluidifier le parcours client. Elle souhaite ainsi répondre à la problématique de ses 32000 points de ventes vieillissants.

Chez Bouygues, selon Etienne GaudinDirecteur Innovation Groupe, on apprend à changer de point de vue pour concevoir les produits autrement : le bâtiment devient une réelle offre de service, l’éclairage public un réseau d’énergie ….C’est ainsi que Citybox est né ! Ce projet transforme le point d’éclairage en point de service.

 

En conclusion, tous rappellent que la voie de l’innovation n’est pas sans risques. Il est important de trouver un équilibre : l’innovation  doit rester connexe aux activités cœur de métier de l’entreprise pour qu’elle puisse réellement « tracter l’activité ».

Le cas d’école :

Le retour d’expérience de Jean-Christophe Machet, Président FM Logistic, synthétise bien toutes les initiatives et les écueils à éviter. Pour lui, deux évolutions majeures bouleverseront certainement à moyen terme son secteur d’activité :

  • Une ubérisation du stockage et du transport
  • L’utilisation de l’impression 3D : au lieu de stocker le produit , on l’imprimera à la demande

Pour se préparer au mieux à ces révolutions, FM Logistic a d’abord organisé une cellule innovation centralisée, avec « un chef » à la tête de l’activité et 15 agents…pour ensuite tout décentraliser et se tourner vers de l’innovation collaborative.

Un challenge interne a ainsi permis la collecte de 200 idées qui au fil des votes des collaborateurs et des passages en instance de décisions ont abouti au lancement de 3 startups. Ces petites structures soutenues par l’entreprise sont lancées par les collaborateurs ayant proposé les concepts et qui ont depuis quitté leurs emplois de salariés pour se consacrer pleinement à l’entrepreneuriat.

Et le juridique qu’en dit-il?

Marie-Hélène Tonnellier, avocat à la cour, associée au cabinet d’avocat latournerie-Wolfrom était présente pour éclairer le pan juridique. Son constat : la contribution inventive souffre d’un vide juridique autour de son statut.  Digital Media Online Social Networking Communication Concept

Plusieurs raisons à cela :  si l’innovation est par définition rapide, le Droit lui évolue plus lentement.
Des initiatives ont bien été lancées et doivent aboutir à l’arrivée d’un nouveau règlement qui va gérer les données personnelles ; mais la première version de ce texte ne sera mis en oeuvre réellement qu’en 2018.

Les juristes parviendront-ils à relever le challenge d’adapter le droit aux projets collaboratifs ? Sauront-ils engager rapidement une réelle réflexion autour de la propriété intellectuelle et des donnés personnelles, l’un des actifs majeurs des entreprise de nos jours ?

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