mar 29.04 4

Comment gérer sa e-réputation par l’utilisation des réseaux sociaux ?

Le 4 février dernier, Facebook a célébré ses dix ans. Ce fut peut-être pour vous l’occasion de contrôler le partage de vos informations, de réviser la gestion de vos paramètres de confidentialité, voire pour les plus extrêmes de supprimer votre compte.

L’avènement d’Internet et l’émergence de réseaux sociaux tels que Facebook ont complexifié la gestion de l’équilibre entre vie privée et vie publique. Le succès grandissant des réseaux sociaux et donc leur multiplication ont engendré la naissance du concept d’e-réputation. Qu’est-ce que l’e-réputation ? Peut-on la mesurer ? S’inscrit-elle dans un cadre légal ? Comment en tirer partie vertueusement pour éviter d’en subir les revers possibles ? Autant de questions auxquelles nous allons nous attacher à répondre.

État des lieux : l’e-réputation, une réalité qui se généralise

Facebook regroupe plus de 54% des internautes. Les réseaux sociaux font désormais bien partie intégrante de notre quotidien. Véritables espaces publics, ils nous permettent d’échanger et de partager des informations tant à caractère personnel que professionnel. Selon l’IFOP, 86% des internautes sont aujourd’hui membres d’au moins un réseau, pour une moyenne de 4,5 réseaux par internaute.

L’identité numérique d’une personne est construite via l’agrégation des informations la concernant sur la toile. Faites le test, « googleisez-vous » et vous découvrirez votre identité numérique. La perception de cette identité sur la toile détermine votre e-réputation.

L’absence de jurisprudence imposant un cadre juridique à l’écosystème des réseaux sociaux complexifie la définition de normes et usages relatifs aux contenus. Aujourd’hui, seule la « Charte réseaux, sociaux, Internet, vie privée et recrutement » signée par la majorité des parties prenantes cadre les conduites. In fine, manquer de vigilance quant à la diffusion de ses contenus sur le web peut avoir de graves conséquences. Ainsi, depuis 2006, les affaires de licenciements pour contenus subversifs sur des réseaux se sont multipliées et ont marqué l’actualité juridique.

Mais les effets des informations accessibles via les réseaux sociaux ne se limitent plus à la vie professionnelle. Par exemple, l’entreprise américaine Lenddo propose aux internautes de gérer leur e-réputation et de l’utiliser pour obtenir des prêts. Ici la réputation numérique vient cristalliser et fiabiliser l’identité des internautes au point de déterminer leur solvabilité.

Le « graphe social » ou niveaux de connexion entre les internautes

Comment gérer son e-réputation : bonnes pratiques

Désormais la célèbre loi des six degrés de séparation a fait place au graphe social, paradigme selon lequel chaque personne présente sur la toile peut facilement être en relation avec toute autre personne présente. Autrement dit nous sommes tous connectés à tout le monde. Par ailleurs, l’identité numérique est devenue un nouvel instrument d’autopromotion. Ainsi, selon une étude Jobvite 92% des recruteurs aux Etats-Unis ont utilisé ou aspiraient à utiliser les médias sociaux pour recruter en 2013. Contrôler son e-réputation est donc devenu un enjeu majeur. Des outils le permettent.

Par exemple, la « googleisation » constitue un excellent point de départ. Norton avait d’ailleurs développé une application permettant de gérer ses résultats google. Google en a depuis fait de même avec son application « Ma Présence sur le Web ».

Quelques conseils pour mettre en valeur des informations positives sur le web :

  • Être présent sur des réseaux professionnels afin d’adopter une posture sérieuse. LinkedIn par exemple vous permet de gérer votre apparition dans les résultats Google. Il vous suffit de régler l’URL de votre profil.
  • Contrôler ses contenus. Ne jamais oublier que sur Internet la majeure partie des informations est publique. Vérifier ce que l’on partage et gérer ses paramètres de confidentialité est donc primordial. Effacer des contenus indésirables peut prendre du temps et être très coûteux.
  • Maintenir une posture professionnelle cohérente : les informations vous concernant doivent avoir un lien avec votre vie professionnelle. Ne pas hésiter à les centraliser par des liens sur vos différents profils, ce qui démontrera votre maîtrise des médias sociaux et votre capacité de contrôle de vos informations. 

E-réputation et  recrutement : une situation gagnant-gagnant pour recruteurs et candidats

Gérer son identité numérique c’est se protéger, mais aussi accroître sa notoriété et son image auprès de toutes les populations du web, notamment les recruteurs. Or, beaucoup de ces derniers exploitent ce canal du fait du ticket d’entrée peu élevé. En effet, le web permet de cibler un vivier énorme de candidats dont ceux dits passifs qui ne cherchent pas mais qui seraient susceptibles de changer de poste. En mai 2013, il y avait 14,3 millions d’inscrits sur LinkedIn, autant de CV potentiels pour les recruteurs. 

Pour les entreprises, un salarié satisfait et qui l’exprime via les réseaux sociaux devient un ambassadeur. Il participe donc à valoriser la marque employeur ce qui permettra à l’entreprise de capter davantage de candidats passifs sur la base de sa notoriété.

L’e-réputation impacte donc non seulement la vie sociale et professionnelle des internautes mais aussi la notoriété des entreprises et leur capacité à attirer des talents.

Les frontières se dissipent progressivement. Work4 propose d’ailleurs à ses clients d’intégrer le recrutement à leur stratégie digitale, via Facebook. Soigner son e-réputation peut devenir un atout pour les entreprises, signe de dynamisme et de transparence. L’Oréal Paris par exemple, a saisi cette opportunité en adoptant une stratégie digitale habile et intégrée sur la majeure partie des réseaux sociaux.

La frontière entre vie publique et privée existe-t-elle toujours ? Comment et avec qui puis-je communiquer en toute confidentialité sur le web ? L’émergence du web éphémère avec Snapchat ou encore Confide pour les professionnels est-elle un début de réponse ? L’avenir du web sera-t-il concentré autour de la diffusion et du contrôle des informations ? L’e-réputation pose clairement la question.

Commenter cet article

4 commentaires

  1. Merci pour tous ces conseils et cet article très intéressant. C’est toujours difficile de bien définir ce qu’est l’e-réputation, souvent on s’emmêle les pinceaux. Mais c’est quelques choses qui est très important surtout sur un média comme le net où il est difficile de garder le contrôler, voire impossible quand quelque chose de « mal » nous arrive.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *