ven 10.03 0

Les technologies émergentes du digital au service du développement durable : conclusion du Global Opportunity Report 2017 (1/2)

Les technologies émergentes et, parmi elles, celles du digital sont les solutions les plus aptes à répondre aux risques liés à la durabilité de la planète. En effet, les industries sont totalement repensées face à l’émergence des nouvelles innovations.

Ceci est la conclusion générale du Global Opportunity Report 2017 qui sort pour la 3ème année consécutive. Il est rédigé en collaboration avec DNV GL (prestataire de service pour des entreprises sécurisées et durables), le Global Compact des Nations Unies (initiative internationale pour le développement durable), et Sustainia (plateforme collaborative pour le développement durable) ainsi que des milliers d’acteurs de l’économie et de la politique dans le monde. Il a pour objectif de déceler les opportunités à saisir afin de construire un futur sécurisé et durable, de manière globale. En effet, un monde globalisé implique que les risques traversent les frontières et deviennent globaux. En partant de l’idée selon laquelle « chaque risque global cache une opportunité », le GOR nous donne les tendances du marché.

Il relève 15 opportunités à saisir dans différents secteurs en partant des 5 risques majeurs pour la planète : les conflits, l’appauvrissement des sols, la croissance des inégalités, le climat, et la menace dans le cyberespace. Parmi les opportunités à saisir, celles qui impliquent les technologies du digital sont nombreuses et paraissent incontournables.

Une réponse digitalisée pour pallier aux manques dans les zones de conflit

Source : Le Nouvel Observateur

Les conflits à travers le monde entraînent un déplacement des personnes plus ou moins considérable selon les régions. Au-delà de l’inexistence des structures d’éducation dans ces zones, il est crucial d’anticiper la situation post-conflit, qui reste souvent très fragile. Aussi, c’est en éduquant la population qui leur est donné les meilleurs outils pour faire face à la reconstruction d’une région ou même d’un pays. Le manque d’infrastructures pousse les institutions à penser le système éducatif différemment et à trouver des solutions malgré le contexte. Dans ce cadre, le e-learning répond parfaitement à la problématique posée. Les cours en ligne mais aussi les jeux ludiques et les solutions d’apprentissage par SMS, sont tout autant d’outils disponibles et disposés à agir en faveur de l’éducation dans les zones de conflits. Plusieurs initiatives ont vu le jour à l’instar de « one laptop per child » (tr. un ordinateur par enfant) afin de promouvoir les nouvelles technologies au service de l’éducation :

  • La « ReDi School of digital integration », organisation en Allemagne, offre des programme IT et la possibilité de collaborer avec des startups du digital aux réfugiés qui ont des aspirations Tech.
  • BRCK Education a créé le « Kio Kit », une boite à outils du digital (tablettes pour enfants avec recharges) pour les communautés en difficulté financière pouvant être utilisée partout dans le monde.
  • « WarChild » a diffusé une tablette incluant des outils d’e-learning pour les enfants hors système éducationnel dû à leur localisation dans des zones de conflits.

Selon le rapport, le marché prévisionnel de l’apprentissage par mobile pour 2020 s’élèverait à 70 milliards de dollars.

Le document va plus loin sur les opportunités à saisir au sein même de ces guerres. En effet, les conflits induisent fatalement à des mouvements de populations dans la précipitation. Ce phénomène difficilement prévisible implique qu’il faut monter des villes instantanées qui fonctionnent normalement et qui peuvent fournir des services minimums pour la décence humaine. Dans cette mise en place, le digital peut venir apporter rapidement des services qui améliorent nettement les conditions de vie dans les camps de réfugiés tout comme :

  • « Meshpoint » qui offre un appareil autonome capable de résister à des conditions extrêmes et qui délivre un accès à internet fiable à 150 utilisateurs.
  • Le « Refugee First Response Centre », un conteneur qui accueille une clinique médicale connectée par vidéo à des traducteurs qui permettent de briser la barrière de la langue entre les patients et le personnel de santé.

Le plus grand camp de réfugiés au monde accueille plus de 330.000 personnes, aussi, ces infrastructures ont des besoins spécifiques mais à l’échelle de grandes villes auxquels les technologies du digital peuvent partiellement répondre.

La blockchain pour lutter contre le financement des guerres, l’exclusion et les inégalités

Source : BlockchainTechnologies.com

L’autre levier sur lequel peut agir le digital dans ce contexte de conflits suivant le Global Opportunity Report est la traçabilité des minéraux. En effet, de nouvelles législations et règlements au sein des pays développés (ex : Etats-Unis, règlement de la SEC) incitent, voire contraignent, les entreprises à tracer l’origine de leurs minéraux et de s’assurer qu’ils ne financent pas directement ou indirectement un conflit armé (ex : pays d’Afrique centrale). Au-delà des nouveaux produits que l’on fabrique en s’assurant de chaque matière première utilisée, on pourrait tracer l’historique des minéraux via le digital, en utilisant la blockchain, tout comme « Provenance », un système de traçabilité qui utilise la blockchain, et qui donne un passeport aux minéraux grâce auquel on peut retrouver leurs origines. Ainsi, d’autres exemples de système de traçage par blockchain peuvent être cités :

  • « BlockVerify », reposant sur deux blockchain (interne et bitcoin) et qui aide les entreprises à lutter contre la contrefaçon et contrôler la chaîne logistique.
  • « BlockFreight », alliant système logistique et technologie de l’information en utilisant la blockchain pour une optimisation du commerce mondial.
  • « SkuChain », une blockchain permettant d’avoir une vue en temps réel sur le flux de produits et de transactions, réduisant les coûts liés, et reliant directement les uns aux autres les différents acteurs.

Sachant que 93% des chaînes logistiques sont opaques aujourd’hui, le marché dans le domaine de la traçabilité via la blockchain s’élèverait à plusieurs dizaines de milliards de dollars d’ici deux ans selon les prévisions.

La blockchain, pourrait aussi agir sur d’autres risques liés à la planète. En effet, le rapport rappelle que les inégalités dans le monde n’ont jamais été aussi creusées : le statut social, le genre, les ethnicités sont tout autant de catégories dans lesquelles l’inégalité est fortement présente. A partir de ce constat, on remarque que la blockchain permet plusieurs actions qui aujourd’hui sont restreintes aux secteurs des banques et des assurances et ont un coût qui exclut plusieurs catégories de population. La vulgarisation de la blockchain est encore immature mais elle pourrait permettre aux personnes d’effectuer des paiements et d’avoir une identité digitale. Dans un second temps, une autre utilisation de la blockchain permettrait aussi de mettre en place des plateformes de prêts et d’assurance de particulier à particulier.

Cependant, nous pouvons noter l’émergence de start-up dans le domaine qui comme BitPesa en Afrique utilisent la technologie blockchain et offrent la possibilité d’effectuer des paiements ou d’en recevoir à travers l’Afrique et le reste du monde en réduisant les coûts. D’autres initiatives existent dans les pays en voie de développement :

  • « Coins » (Thaïlande), une plateforme blockchain mobile permet à toute personne d’accéder à des services financiers via son appareil mobile (un portefeuille mobile : « wallet ») et ce sans avoir obligatoirement de compte bancaire.
  • « Atlas », permet lui aussi de faire des transferts d’argent à travers le monde grâce à la blockchain.
  • Plusieurs applications permettent d’organiser, classifier et formaliser toutes les documentations sur les propriétés des terres (voir « Suyo » et « Landmapp »). En effet, 70% des droits fonciers dans le monde ne sont pas enregistrés.

Ce marché se trouve être très attractif pour les entreprises du marché puisque plus de 2 milliards de personnes dans le monde ne sont pas bancarisées.

 

Nos sociétés évoluent parallèlement au développement des innovations digitales. Il s’agit ici de mettre l’une au service de l’autre afin d’améliorer des conditions de vie tout autour de notre planète et d’agir en faveur de l’égalité, malgré les différences. Les technologies du digitale sauront aussi répondre à des problématiques liées à la santé et surtout à ses propres dérives…

Commenter cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *