lun 18.07 0

Jour 1 à Viva Technology : disruptions et transformations [2/5]

Entre le 30 juin et le 2 juillet s’est tenue à Paris la toute première édition de Viva Technology : 3 journées exceptionnelles, placées sous le signe de la collaboration entre startups et grands groupes. Après un premier article introductif sur les grandes tendances de cet événement, DigitalCorner poursuit sa rétrospective complète en vous proposant un récapitulatif de la journée du 30 Juin.

Viva Technology, ce n’était pas seulement des milliers de startups : c’était aussi plus de 300 conférences, mêlant certains des plus grands dirigeants mondiaux, à des investisseurs, de jeunes entrepreneurs, ou encore des leaders d’opinions. Parmi celles-ci, nous avons sélectionné quelques temps forts, portant sur les enjeux actuels et futurs de l’innovation, ainsi que sur la nécessaire transformation du monde dans lequel nous vivons.

Disruption – What’s Next : Qu’est-ce qu’une disruption ?

Jay Carney (Amazon), Joe Schoendorf (Accel Partners), Jimmy Wales (Wikimedia Foundation)

IMG_4412

La notion de disruption est sûrement un des anglicismes les plus populaires dans le monde de la technologie. Mais que se cache-t-il vraiment derrière ce terme, et comment y faire face ? Ces deux questions ont été le sujet de la discussion entre les représentants d’Amazon, Accel et Wikipedia. La réponse est vaste, mais plutôt encourageante. Tout d’abord, être en rupture, c’est savoir se renouveler continuellement : ne jamais se reposer sur l’existant, toujours aller de l’avant. Mais cela implique de facto de faire des erreurs, et l’accepter. L’exemple du Fire Phone, cité par Carney, illustre parfaitement cette vision. Cet échec, bien qu’assez cinglant, a permis de développer l’assistant vocal Echo : il a ainsi fallu qu’Amazon se trompe, pour se renouveler. Par ricochet, l’humilité est également un élément central dans la réussite, tout comme dans la rupture. Pour Wales, une humble acceptation de l’erreur est d’ailleurs un des éléments caractéristiques de l’écosystème tant fantasmé de la Silicon Valley. Cela va de pair avec une culture du partage, de la discussion, et de l’apprentissage.

Fireside interviews : rencontres au sommet

John Chambers (Cisco), Tim Armstrong (AOL), Eric Schmidt (Alphabet)

La France et l’innovation

Prenant place à Paris, et présentant des centaines de startups françaises, le contexte de Viva Technology était favorable à ce que les discussions tournent autour de la France et de sa position dans l’écosystème d’innovation mondial. Pour John Chambers de Cisco Systems, en investissant dans le digital, la France a une longueur d’avance car aujourd’hui tout est digital, et tout a vocation à se transformer. Cela est d’autant plus important que ce sont ces startups qui peuvent relancer une économie. Pour Schmidt, la France est en effet dans une position avantageuse, mais pour des raisons toutes autres : l’Europe toute entière doit accepter qu’elle est sous-digitalisée, et doit prendre cela comme une opportunité. Dans un contexte peu mature, les entreprises françaises pourront plus facilement se différencier et créer des projets d’autant plus innovants. Mais pour que cela puisse de produire, il serait selon lui nécessaire que d’une part, l’État investisse plus dans l’éducation et notamment dans les universités ; et d’autre part, qu’il mette en place des politiques fiscales plus clémentes envers les startups, afin d’encourager à la fois la prise de risque et les investissements.

IMG_4417

De la relation entre grandes et petites entreprises

De la France à un contexte plus global, selon Tim Armstrong, CEO d’AOL, il existe aujourd’hui deux obstacles entremêlés au renouvellement des entreprises. D’un côté, des grands groupes ont des marques dépassant en valeur leur business réel, et par peur de ne pas être à la hauteur de cette marque ils se tournent vers des startups pour trouver des idées novatrices. De l’autre, des petites startups ont de grandes idées, mais pas la marque pour les développer et leur donner de la visibilité. Tout cela doit changer : les jeunes startups doivent aspirer à la construction d’une grande marque, même si leur activité est modeste, alors que les grandes entreprises doivent savoir se lancer dans de nouveaux projets, sans faire de leur image une barrière.

L’expérience client à l’âge des bots et de l’intelligence artificielle

Dave Pattman (Webhelp), Philippe Collombel (Partech), Patrick Joubert (Recast.AI)

Selon Philippe Collombel, aux États-Unis, le consommateur moyen dispose de 33 applications sur son smartphone. Parmi celles-ci, il en utilise 12, et 70% du temps, il se focalise sur 3 ou 4 d’entre elles seulement. Ces chiffres traduisent une tendance nouvelle : la « fatigue des applications ». Face à cela, les applications conversationnelles, bots, ou applications invisibles, ont une carte puissante à jouer : en se recentrant sur l’élément le plus simple et naturel de la relation client – la conversation – elles créent un lien de proximité avec le consommateur. Même plus que cela : grâce aux technologies d’intelligence artificielle, elles enrichissent cette expérience en répondant de manière automatique aux attentes et besoins. Si aujourd’hui, les bots sont plutôt sectoriels, et qu’il n’existe pas « d’intelligence absolue », le futur de ces technologies semble très prometteur. Les activités de la startup Recast.AI montrent d’ailleurs l’étendue du possible : planification de rendez-vous, tâches quotidiennes facilitées, assistant intelligent, service client…

Le challenge de la transformation

Jacques Aschenbroich (Valeo), Thomas Buberl (AXA), Barry Diller (Expedia), Isabelle Kocher (Engie), Georges Plassat (Carrefour)

3

On n’a de cesse de le répéter : la transformation digitale concerne toute entreprise, et  tout secteur. Dans cette transformation, un message est partagé : le digital et le physique sont complémentaires. En découle un grand sujet de discussion : celui de la place de l’humain dans un monde en transformation. Pour Isabelle Kocher, l’humain est toujours plus important dans le secteur de l’énergie : le plus grand challenge aujourd’hui est de rester connecté en permanence avec le monde extérieur – les territoires, les écosystèmes d’innovation, et les clients. Un défi similaire se profile pour Carrefour : réussir à connecter les points de vente physiques et la relation dématérialisée. En effet, pour Georges Plassat, une révolution digitale ne veut pas dire tout passer au digital : les magasins et le contact physique restent des facteurs clés de succès, qu’il faut savoir combiner aux opportunités portées par le digital. Si le prédictif est à la mode et que les entreprises cherchent désormais à répondre aux besoins avant même qu’ils naissent, les « humains vont tout de même vouloir garder le contrôle de leur propre vie ».

Starting Up : les moteurs de l’innovation

Tom Hulme (Google Ventures), Géraldine Le Meur (The Refiners), Alain Lévy (Weborama), Oliver Samwer (Rocket Internet), Axelle Lemaire (Secrétaire d’État chargée du Numérique)

Cette première jou4rnée s’est terminée avec une table ronde assez politique, dirigée vers une question clé : quelle attractivité de la France, pour des investisseurs ? Si le thème principal de la conférence ne s’y prêtait originellement pas forcément, les circonstances ont influencé le débat : la discussion s’est ouverte avec la secrétaire d’Etat Axelle Lemaire, quelques heures seulement après l’adoption du projet de loi sur la République Numérique. La France est un vivier de startups en pleine explosion : le pays est aujourd’hui premier en Europe en termes de transactions. Mais malgré ce contexte, les deux investisseurs présents ont questionné l’ambition des initiatives françaises, l’ampleur d’un projet étant pour eux une clé de voûte pour attirer les investissements. Pour Tom Hulme, et c’est non sans rappeler le discours d’Eric Schmidt, le retard de l’Europe est un avantage, car il permet de plus facilement se différencier : pour lui, les français peuvent ainsi être plus ambitieux, viser plus haut. Pour Lemaire, il n’est pas forcément question en France de favoriser l’émergence de licornes et ou d’entreprises valorisées à extrême, mais plutôt de faire vivre l’économie, de créer de l’emploi, et de mettre en place un cadre réglementaire favorisant le développement d’initiatives innovantes.

 

Si le sujet vous intéresse, continuez à suivre ce blog, pour des compte-rendus des deux autres journées, ainsi qu’un tour d’horizon des startups ayant retenu notre attention…

Commenter cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *