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L’hologramme, serpent de mer des technologies du futur

Nombreux sont les films qui ont nourri le fantasme d’une apparition visuelle d’un individu sans présence corporelle. Il nous suffit de nous rappeler de films tels Star Wars ou Avatar et d’essayer de transposer ces fictions à notre réalité pour se convaincre du bouleversement technologique que représentent les hologrammes. Avec la multitude des usages qui se développent et les résultats prometteurs de la recherche sur le sujet, force est de constater que les hologrammes ne sont plus des fantasmes qui peuplent nos rêves d’enfants. Les prémices sont déjà présentes et la fiction entend rattraper la réalité.

Une question d’interférences

Le principe de l’holographie a été découvert par Dennis Gabor en 1948. Un hologramme est une image en 3D enregistrée sur un film photographique à deux dimensions permettant ainsi une captation à 360° de l’objet. Il s’agit donc d’un procédé d’enregistrement permettant de restituer une image 2D en 3D.

Lorsqu’on l’on photographie un objet de façon classique, on enregistre sur une plaque sensible la luminosité des différents points de cet objet. Autrement dit, seule l’intensité de la lumière réfléchie par l’objet en question est prise en compte. L’hologramme est, quant à lui, le fruit de l’interférence de deux faisceaux laser, l’un envoyé sur une plaque photographique, l’autre sur l’objet à holographier. C’est de cette interférence que s’imprime une image 3D sur la plaque photographique. L’objet à holographier, éclairé par un faisceau laser réfléchit la lumière dont une partie arrive sur le film photographique, l’autre partie passe par un miroir semi-réfléchissant est permet de produire l’image 3D tant convoitée ! (Universalis, Holographie)

 

Netdoor, L'hologramme 3D, 2011
Netdoor, L’hologramme 3D, 2011

Les hologrammes : une technologie aux multiples usages

Force est de constater que l’usage le plus connu de l’holographie se trouve dans les domaines du divertissement et de événementiel mais ce procédé tend à être adopté dans d’autres contextes notamment dans le cadre du business et de la collaboration.

Au cinéma, les hologrammes sont le plus souvent utilisés dans les films de science-fiction (Star-Wars, Avatar,…) à travers des procédés faisant apparaître une forme humaine rendant présent le personnage qu’elle représente. Ce sont généralement des interfaces d’affichage et de commande avec lesquels une interaction est souvent possible notamment par la parole.

L’une des applications les plus utilisées consiste également à faire apparaître des chanteurs absents ou défunts le jour de la représentation. Tel fût le cas de l’apparition du chanteur Tupac Shakur mort il y a plus de quinze ans au festival Coachella de 2012. Ce procédé a également été utilisé pour d’autres artistes notamment pour créer des concerts avec la star japonaise virtuelle Miku Hatsune.

Georges Lucas, Star Wars, 1991
Georges Lucas, Star Wars, 1991

Tandis que certains s’amusent en concert avec des hologrammes, d’autres planchent sur les usages de ces derniers en entreprise. En effet, dans un cadre plus « business », les hologrammes sont utilisés par exemple par certaines compagnies aériennes afin de guider plus facilement leurs clients dans l’aéroport. Tensatour, société américaine, n’en est pas à son premier coup d’essai. En effet, elle équipe actuellement plusieurs aéroports en « hologrammes d’accueil » qui expliquent aux voyageurs les contraintes de sécurité.

Hologramme à l'aéroport
Tensatour utilise les hologrammes à l’aéroport

La société DVE essaie de développer l’usage des hologrammes pour les visioconférences, pour visualiser et manipuler les objets 3D. En effet, les perspectives du futur de nos solutions de vidéos conférences, débouchent tout naturellement vers l’holographie qui permet de rendre l’expérience de la relation à distance moins abstraite, plus visuelle.

 Un nouveau levier du marketing et du digital retail

Lorsque l’on cherche des exemples d’usage de l’holographie en marketing, on trouve que des opérations ont été réalisées notamment par le magasin de lingerie Empreinte à Paris en 2012, celle de la marque de vêtement suédoise WeSC en 2011 ou encore celle de la télévision américaine ESPN en 2010. Dans ces opérations, bien que le procédé holographique rend l’impression de réalité plus forte que dans une projection classique et justifie l’utilisation de ce procédé, la dimension de transparence est limitée par le fait que l’hologramme, situé derrière une vitrine, n’est visible que sous un seul angle ce qui le rend similaire à des affichages ou projections plus classiques.

Une opération plus récente au Canada interpelle plus : Pour le lancement des nouvelles Nike Free 5.0, la marque, en partenariat avec JC Decaux, a présenté le produit via des écrans holographiques insérés dans des panneaux d’affichage, et ce afin d’en illustrer l’extrême souplesse. Ce qui est intéressant ici, c’est que le choix du procédé holographique sert par ses caractéristiques propres à illustrer l’argument marketing du produit. Pour cela, la dimension holographique y est beaucoup plus poussée que dans les exemples précédents, avec une vision sous plusieurs angles comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessous :

 

 

Fidèle à ce dernier concept, la start-up française Holusion permet de créer des hologrammes à partir des objets en vente et de les projeter devant les yeux des clients. Cette technologie peut surtout être mise en application dans les magasins de luxe, par exemple chez un bijoutier où les bagues, colliers et montres de valeurs sont sous clé. Grâce aux hologrammes, il y a la possibilité de les manipuler virtuellement, les retourner dans tous les sens afin de faire une première sélection. Dans un magasin d’électroménager, on pourra faire la démonstration du fonctionnement d’un appareil ou de la manière d’assembler les différentes pièces d’un robot ménager. Ce serait plus parlant que de le voir posé sur une étagère ! Enfin, les hologrammes pourront aussi permettre de customiser un objet : vous avez un modèle de montre qui vous plaît, vous pouvez voir à quoi il ressemble avec différents bracelets par exemple.

Toujours plus loin

Une université de Tokyo a montré récemment des images holographiques que l’on peut toucher…ou presque. Si les images sont faites de lumière, comme tous les hologrammes, au moment où l’on s’approche pour les toucher, un système de repérage électronique (adapté d’une télécommande de Wii) générateur d’ultrasons, provoque une sensation tactile. Le procédé n’est toutefois pas fin prêt. Il n’est donc pas portable et ne permet pas de produire des hologrammes très grands…

 

Les hologrammes du futur?
Les hologrammes du futur?

 

 

 

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