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Les géants de l’high-tech s’installent dans les voitures connectées

Depuis quelques années déjà, les véhicules particuliers savent communiquer avec le monde extérieur à travers un accès Internet. De nombreuses applications voient le jour, permettant des échanges externes, mais également des échanges au sein de l’habitacle, à travers un partage de signal. Ces « voitures connectées » sont un relais de croissance très prometteur pour les constructeurs, notamment face à la baisse actuelle des revenus dans l’industrie automobile. Cependant, les leaders de l’industrie high-tech tentent, eux-aussi, de s’imposer sur ce marché en proposant des solutions plaçant le smartphone au centre du système.

La voiture connectée, qu’est-ce que c’est ?

 La plupart des constructeurs, comme Renault avec son système R-Link, Toyota avec T-Connect, ou encore Audi avec Audi Connect, développent des voitures connectées via un système embarqué propriétaire. Il y a ensuite plusieurs façons de « connecter » ce système à Internet : soit via une puce 3G/4G embarquée, soit en connectant son propre smartphone, qui partagera sa connexion avec le véhicule par Bluetooth, câble ou wifi. Les deux solutions sont souvent compatibles.
Les voitures connectées permettent alors d’informer le conducteur quant à l’état du véhicule (entretien, niveau de carburant, SAV), mais aussi sur l’environnement extérieur (état de la route, trafic, signalisation, infrastructures). Elles se veulent donc plus sécurisées et plus économiques sur le long terme. Le confort et le divertissement sont également des éléments clefs de leur succès. L’automobiliste a maintenant accès à de multiples applications sur l’écran du tableau de bord de sa voiture, voire même à la navigation sur Internet. Le point sur les fonctionnalités existantes ou à l’étude de la voiture connectée :

L’offensive de l’industrie high-tech sur le marché automobile

Les voitures connectées devraient représenter 90% du marché d’ici 2020 d’après une étude de l’opérateur espagnol Telefonica. Un chiffre qui fait saliver les constructeurs mais aussi les leaders high-tech. En effet, depuis quelques mois, les constructeurs automobiles voient arriver en force ces nouveaux acteurs, qui poussent de nouveaux systèmes de connexion via smartphone. Leur idée est de substituer le smartphone au système embarqué, et d’en faire l’interface principale pour accéder aux fonctionnalités connectées. Les utilisateurs peuvent ainsi retrouver tout l’univers personnel de leur smartphone sur le tableau de bord de leur voiture.
Mirror Link, un système développé par une alliance de constructeurs automobiles et leaders électroniques (le Car Connectivity Consortium), commence déjà à s’immiscer dans nos voitures. On le retrouve dans les dernières Citroën C1 ou Toyota Aygo par exemple. Les prochaines solutions les plus attendues sont CarPlay d’Apple et Androïd Auto de Google, dont les sorties respectives sont prévues pour fin 2014 ou début 2015 sur différents modèles de différents constructeurs.
Automobilistes, constructeurs et leaders high-tech sont donc sur le pied de guerre à l’approche du mondial de l’automobile 2014 où beaucoup de constructeurs devraient présenter de nouveaux modèles connectés début octobre.

Une résistance difficile des constructeurs, qui veulent rester maîtres de leur relation-client

 tableau de bord voiture connectéePour fournir des expériences connectées sécurisées, intuitives et personnalisées, les constructeurs automobiles n’ont effectivement pas d’autre choix que de collaborer avec les géants du high-tech, en créant des alliances comme le Car Connectivity Consortium cité plus haut. Google a également créé sa propre « Open Automotive Alliance » (OAA) regroupant des leaders de l’industrie automobile engagés à intégrer les solutions Androïd dans leurs voitures dès 2014.
Or, en acceptant de faire entrer les géants technologiques dans l’habitacle, les constructeurs cèdent du terrain et renoncent à contrôler l’ensemble de l’expérience de conduite des automobilistes. Ils renoncent par exemple à être propriétaires des données collectées sur l’utilisateur, ou encore à être fournisseur du système de guidage GPS embarqué (une option qui peut rapporter gros grâce à des mises à jour de cartes souvent payantes) et donc à un vrai avantage compétitif.
De plus, pour générer des revenus, Apple, Google et leurs confrères souhaitent diffuser des publicités géolocalisées aux automobilistes. Un automobiliste à bord d’une Renault pourrait alors recevoir des publicités pour la dernière voiture Peugeot. N’ayant pas encore trouvé de parade, beaucoup de constructeurs préfèrent ne pas mettre tous leurs œufs dans le même panier et développent des modèles compatibles avec plusieurs technologies. C’est le cas du nouveau XC90 de Volvo, par exemple.
Finalement, les partenariats restent fragiles et chacun s’attache avant tout à promouvoir sa propre solution. Tesla, très proactif sur ces questions, travaille par exemple sur un système de démarrage avec un smartphone via une application propriétaire indépendante à installer sur son smartphone. D’un autre côté, Google pourrait bien mettre tout le monde d’accord avec sa voiture sans conducteur. L’automobiliste, dégagé de toute autre occupation, serait alors réceptif à de nouveaux services¬ numériques (vidéos, jeux, publicité…).

 

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1 commentaire

  1. En complément, cet article de GigaOM sur la stratégie de General Motors :
    https://gigaom.com/2014/09/11/gm-makes-a-u-turn-on-the-connected-car-highway-goodbye-mylink-hello-apple-and-google/
    ==> abandonner la création d’un ecosystème spécifique aux marques du groupe pour laisser Apple et Google gérer les applications classiques, tout en continuant l’effort sur des applications spécifiques qui tirent partie des données propres à la voiture (moteur, essence, capteurs divers…).
    Un mix intelligent !

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