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Curation de printemps

« Faire un grand nettoyage de printemps » : cette expression du foyer (avant qu’il soit forcément connecté) m’a donné l’idée, en ces premiers jours de beau temps, de faire le point sur les technos, les rumeurs et les perspectives qui agitent notre industrie en 2012. Point d’étape et avis personnels sur quelques-uns des sujets chauds du moment, avec un focus France :

Très haut débit mobile

Après avoir obtenu leurs licences de haute lutte en fin d’année dernière, les opérateurs commencent en 2012 à communiquer vers le grand public sur les avantages du futur réseau 4G. Le LTE est relativement en retard en France, mais l’arrivée de premiers terminaux est prévue pour cette année et permettra les premiers tests opérateurs pré-commerciaux. Conséquence parmi d’autres de l’entrée sur le marché de Free, les opérateurs « historiques » ont annoncé, en miroir de leurs réductions de coûts externes et de baisse de leurs tarifs, des investissements massifs dans l’infrastructure. Ceci dans le but de proposer des débits et des capacités nettement améliorées à leurs clients, et continuer la course de l’innovation en tête face à Free qui déçoit pour le moment sur ce volet.

Très haut débit fixe

La Fibre est à la peine. Le débat fait encore rage entre les partisans du FTTLA et du FTTH, mais au global en cumulant les deux technos, on n’atteint pas encore le million d’abonnés en France…  Sur le FTTH, le potentiel de foyers éligible est estimé à 1,5M pour 200k abonnés, ce qui laisse donc une marge certaine d’acquisition dans les zones denses. En revanche, avec un taux de couverture nationale à 100% à horizon 2025, dans un contexte où des comptes de l’État au plus bas interdisent (a priori…) toute injection massive de capitaux publics dans l’infrastructure, les zones périphériques et rurales devront patienter de longues années avant de bénéficier de technologies permettant leur désenclavement…La fin de la fracture numérique n’est donc pas pour demain.

NFC

La France a été un pays pionnier du NFC, mais 2012 ne sera pas encore l’année de la massification:

  • Côté terminaux, Orange annonce 25 références NFC en 2012, mais les autres opérateurs restent flous sur leurs ambitions.
  • Côté paiement, le rythme de déploiement des TPE NFC suit encore le cycle de vie de renouvellement classique (un commerce change de TPE tous les 4 à 5 ans). Ce rythme de renouvellement ne s’intensifiera que lorsqu’un nombre conséquent de clients sera équipé en mobiles NFC (d’ici plusieurs années), ce qui poussera les points de vente à anticiper leurs renouvellements d’équipements pour accepter le paiement sans contact mobile.
  • Côté transport, après Nice depuis 2010, 2012 devrait être l’année des ouvertures de services transport (au moins en mode pilote) à Strasbourg, Marseille et Caen. L’IDF et ses 10 millions d’usagers quotidiens arriveront plus tard. Perspective intéressante qui boostera un certain nombre de villes : le gouvernement a annoncé le 21 mars les 9 villes lauréates de l’appel à projets, qui bénéficieront d’un soutien de l’État et des collectivités locales à hauteur de 43M d’euros, principalement pour des projets transport.
  • Le déploiement de Google Wallet connaît quelques difficultés aux Etats-Unis, et Google commence à évoquer la possibilité de sortir de son modèle fermé et de partager les revenus avec les opérateurs. En Europe, le lancement attendu du service à Londres pour les JO devrait avoir lieu, mais je doute que Google Wallet soit lancé en France avant 2013.

Mobiles

Du côté des constructeurs, l’alliance Nokia / Windows commence à porter ses fruits via les premiers succès de la gamme Lumia. Je rejoins les nombreux avis d’analystes qui parient sur une montée en puissance significative de Windows Phone pour atteindre une part de marché de près de 20% à horizon 3-4 ans, car l’ergonomie moderne et simple de WP7, les perspectives introduites par le futur WP8 et la stratégie extensive de marketing et communication me semblent à la hauteur de l’enjeu. RIM va en revanche connaître de fortes turbulences cette année, et continuera à pâtir de sa relative stagnation technologique qui lui font perdre rapidement des parts de marché sur sa cible entreprise / pro historique, et du manque d’engouement des développeurs pour son SDK. Apple continuera au moins cette année à truster le haut de marché mais connaîtra une diminution de ses volumes de vente en France, en lien avec la fin relative des modèles de subvention opérateurs. Dans le même temps, de nouveaux constructeurs low cost enregistreront des progressions pour la même raison, permettant à Androïd de maintenir en 2012 une part de marché France autour de 30%.

Tablettes

Le marché  est toujours dominé par les produits Apple. Néanmoins, Androïd s’impose de plus en plus, et a gagné en 2011 dix points de parts de marché supplémentaires, au détriment d’Apple. Microsoft, avec ses tablettes Windows 8 annoncées pour la fin de l’année, pourrait également devenir un sérieux concurrent. Selon GfK, 3 millions de tablettes seront vendues en France en 2012, passant le cap du milliard de chiffre d’affaires. Le consommateur français accorde toujours un intérêt relatif aux tablettes en version 3G. En effet, les ventes de ces dernières représentent environ 23% des volumes totaux en 2011 (vs. 34% au UK). Malgré une croissance extrêmement soutenue, le taux de pénétration des tablettes dans les foyers reste relativement faible (6% des abonnés haut débit et 10% des abonnés triple play).

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