Web social : pourquoi Google doit s’adapter

Google a radicalement revu ses règles de confidentialité ; un exercice périlleux, tant le sujet est polémique et Google attendu sur le thème de « Don’t be evil ».

Google privacy policy confidentialité

De plus de 60 à 1 seule politique de confidentialité

Des millions d’utilisateurs de Google ont reçu un email les informant que, le 1er mars, la soixantaine de politiques de confidentialité qui régissaient chacun des services Google serait remplacée par une seule et unique version.

Cette simplification dans la forme s’accompagne d’un changement de fond: les données personnelles collectées par Google seront agrégées entre les services. Votre compte Gmail témoigne de votre appétence pour le kung fu (ou le ping-pong), attendez-vous à ce que Youtube vous propose des vidéos de compétitions, Maps des clubs à proximité et Shopping du matériel spécialisé.

Ce ne sont pas les politiques, mais les pratiques qui changent

Si cette décision a déchainé les foudres de certains, peu ont fait remarquer que le 1er mars, Google ne collectera pas plus d’informations qu’aujourd’hui. La nouvelle politique ne prévoit pas d’augmentation du nombre d’informations collectées, mais de les mutualiser entre les services.

Cette possibilité que se réserve Google de mutualiser nos informations personnelles avec dautres services existe de longue date. En 2005, la politique de confidentialité indiquait déjà que certaines informations du compte Google:

« peuvent être combinées avec celles issues dautres services Google ou de tiers, dans le but de rendre la navigation plus agréable pour lutilisateur et daméliorer nos prestations. »

En appliquant cette pratique à l’ensemble de ses services, Google s’adapte à la nouvelle donne du Web social.

Google n’a d’autre choix que d’affiner son ciblage publicitaire

La consolidation de ses services, ainsi que le ciblage plus fin qui en découlera est pour Google un moyen de rester dans la course.

Comme le souligne la COO de Facebook, la vague « sociale » a profondément changé le visage d’internet :

  • De l’anonymat à la véritable identité. D’abord anonymes (notamment en utilisant des pseudos), les internautes utilisent désormais leur véritable identité. Des plateformes telles que Facebook, LinkedIn ou Twitter sont ainsi devenues des vitrines personnelles.
  • De récepteurs à émetteurs de contenus. Les internautes ne sont plus uniquement consommateurs, mais à travers les réseaux sociaux ils partagent et diffusent de l’information.
  • « From wisdom of crowds to wisdom of friends ». Les réseaux sociaux ont introduit une nouvelle donne; désormais les internautes font davantage confiance aux recommandations d’amis qu’à l’avis de la majorité.

Lalgorithme de recherche Google nest plus adapté à cette nouvelle situation. PageRank promeut des résultats en fonction du nombre de clics et de liens hypertexte, mais ignore des signaux forts en temps réel tels que les échanges sur Facebook ou Twitter.

 

Dans ce contexte, lunification des politiques de confidentialité vise à fournir à Google des signaux clairs sur ce qui est pertinent et ce qui ne lest pas. Ces signaux permettront de fournir aux utilisateurs de meilleurs résultats de recherche, mais surtout de la publicité mieux ciblée.

Google se doit de s’aligner, car Facebook collecte et consolide depuis longtemps des informations très personnelles (sites visités, liens partagés, relations, informations renseignées…), ce qui lui permet de vendre à prix d’or de la publicité ciblée.

 

Google est-il finalement devenu diabolique? Chaque utilisateur en jugera, mais pour Google, l’unification de ses services relève avant tout de la survie face aux mastodontes du Web social que sont Facebook et Twitter.

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