Le gouvernement poursuit son plan d’action en créant l’Agence du Numérique

La transition numérique de l’économie est une opportunité formidable de créer de la croissance et de développer l’activité en France. Après le lancement du label French Tech en janvier 2014, le gouvernement poursuit son offensive.

Le 3 février 2015, a été publié le décret portant création d’une Agence du Numérique en France. Porté par le ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron et la secrétaire d’État au Numérique, Axelle Lemaire, le projet de cette agence vise à favoriser la diffusion du numérique dans les territoires.

Traduisant la nécessité d’une approche globale de la question numérique, tant du point de vue des infrastructures que de celui du développement des services et de l’activité, cette « petite » agence affiche des objectifs ambitieux.

Une petite agence…

L’Agence du Numérique aura un budget inférieur au million d’euros, probablement de l’ordre de quelques centaines de milliers d’euros. Ce budget couvre le fonctionnement propre de l’Agence et est hors du périmètre affecté aux projets des missions, qui embarqueront un effectif compris entre 35 et 40 personnes (dont la moitié sera attachée à la mission Très Haut Débit). Le directeur sera nommé dans les prochaines semaines, mais il semblerait que le directeur actuel de la Direction Générale des Entreprises, Pascal Faure, soit pressenti.

En raison de sa thématique très transverse, l’Agence aura une compétence nationale. Cependant, étant uniquement rattachée à Bercy et non à Matignon, l’Agence ne sera pas interministérielle et risque de se heurter aux autres administrations. Quoiqu’il en soit l’Agence devra coordonner son action avec d’autres institutions telles que la Caisse des Dépôts, Bpifrance, l’ARCEP et d’autres administrations.

En ce qui concerne les missions de l’Agence, elle sera chargée d’assurer le pilotage, la mise en œuvre, l’accompagnement et le suivi des programmes précédemment portés par les missions de façon autonome. D’un point de vue pratique les objectifs seront définis annuellement par le ministère chargé du Numérique. Les orientations stratégiques en revanche seront arrêtées par la direction de l’Agence.

Mais des objectifs ambitieux

L’Agence du Numérique va permettre de regrouper et mutualiser les services de 3 missions précédemment distinctes : la mission Très Haut Débit, la mission French Tech et la Délégation aux Usages de l’Internet.

La mission Très Haut Débit est consacrée au déploiement du très haut débit sur l’ensemble du territoire via notamment le déploiement national de la fibre optique. À ce titre l’Agence pilotera un plan de 20 milliards d’euros dont 3,4 à la charge de l’État.

Au travers de la mission French Tech, l’Agence œuvrera à la promotion des start-ups françaises. Elle disposera pour ce faire d’une enveloppe de 15 millions d’euros pour assurer leur visibilité à l’international.

Enfin, la Délégation aux Usages de l’Internet supervise plusieurs programmes liés à la diffusion des technologies. Notamment le plan Ordi 2.0 visant à réutiliser des ordinateurs usagés ou encore le développement des Espaces Publics Numériques. Ces espaces offrent des ressources pour le développement numérique des territoires et un accès internet.

Si les synergies entre les 3 missions ne sont pas forcément évidentes, il faudra développer un discours cohérent lié à la révolution numérique et aux opportunités à saisir. Le développement du Très Haut Débit, par exemple, offre aux start-ups distribuées sur le territoire l’un des outils de leur développement. Néanmoins, pour faire de la France une vraie terre du numérique, il faudra voir dans quelle mesure l’Agence leur permet de s’exporter à l’international.

En conclusion, la création de l’Agence du Numérique constitue un signal fort de l’engagement du gouvernement en faveur du développement du numérique.

En rationnalisant l’organisation des différentes missions visant au développement des technologies de l’information, l’État s’engage et développe des synergies. L’Agence permettra également d’inclure l’ensemble du territoire, tant rural qu’urbain dans la révolution numérique. Néanmoins, la faible dotation d’une part et le rattachement à Bercy d’autre part constituent des handicaps certains pour une structure dont les missions sont très transverses.

L’innovation digitale est un enjeu d’avenir. Il s’agit à la fois d’un relai de croissance pour les organisations, mais également d’un riche gisement d’emploi. Le gouvernement s’engage, mais timidement, la croissance est là, le digital se répand ; la France aura-t-elle les moyens de relever ses ambitions numériques ?

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