lun 19.11 2

Free Zone : la démocratisation de l’internet mobile by Google

Si les opérateurs mobiles français se font la guerre pour proposer des forfaits data les moins chers possibles, la scène internationale a récemment été témoin d’une innovation qui va peut-être accélérer l’usage de l’internet mobile dans le monde.

En effet, un acteur a lancé un service unique permettant d’accéder gratuitement à internet depuis un téléphone. A la grande surprise, il ne s’agit pas d’une initiative d’un opérateur télécom, ni d’un constructeur, mais d’un géant du Web : Google !

Découvrons cette offre baptisée « Free Zone« .

Internet mobile à 0 € : une vraie révolution

Free zone est un service actuellement proposé par Google et disponible aux Philippines et en Afrique du Sud qui permet aux clients de certains opérateurs mobiles de pouvoir accéder gratuitement à internet depuis leur téléphone (et uniquement depuis leur téléphone).

Mais attention, l’accès à Internet est limité aux services Google et aux usages suivants :

  • Google+
  • Gmail (sans possibilité de lecture de pièce jointe)
  • et le moteur de recherche Google (avec possibilité de ne visualiser qu’une page après clic d’un résultat de recherche)

Ce service ne nécessite aucune souscription à un forfait “internet mobile” mais les utilisateurs doivent remplir les conditions d’éligibilité suivantes :

  • posséder un téléphone compatible internet sans forcément que celui-ci soit un smartphone (ex : feature phone)
  • être client d’un opérateur mobile partenaire de Google (Globe Telecom aux Philippines et 8ta en Afrique du Sud)
  • et surtout posséder un compte Google.

Voici ci-dessous un spot vidéo de l’opérateur 8ta fraîchement mis en ligne hier faisant la promotion de ce nouveau service en Afrique du Sud :

Mais pourquoi un tel élan de générosité de la part de Google ?

Une stratégie win-win pour Google et les opérateurs

En proposant un tel service, Google va pouvoir enrichir sa communauté d’utilisateurs et va, par la même occasion, continuer à optimiser ses services (ciblage marketing pour les publicités, optimisation de son moteur de recherche pour les zones géographiques couvertes, …).

Mais si les opportunités sont claires pour Google, qu’y-a-t-il à gagner pour les opérateurs au-delà d’une charge supplémentaire sur leur réseau ?

Tout d’abord, Free Zone va leur permettre d’enrichir leurs portefeuilles d’offres et de se démarquer clairement de la concurrence avec un service unique (exemple : cf. page Web de Globe Telecom dédiée au service Free Zone).

D’autre part, l’utilisateur Free Zone étant limitée dans sa navigation sur internet, Google a mis en place une fonctionnalité permettant la souscription à une offre data (i.e. internet mobile) lorsque celui-ci tente de consulter une pièce jointe ou d’accéder à plus d’une page après un résultat de recherche. Réciproquement, lorsque les utilisateurs souhaitent bénéficier du service Free Zone auprès de leur opérateur, celui-ci leur propose de créer un compte Google.

Ainsi Google et les opérateurs peuvent enrichir leur stratégie cross-canal.

Vers une généralisation de la démarche ?

Ce service a donc tous les atouts pour séduire à la fois les opérateurs et leurs clients et nul doute qu’une telle offre en France trouverait son public (exemple : l’offre Free Mobile à 2 € couplée au service Free Zone pour la data).

Cependant, le service Free Zone semble avant tout destiné aux pays en voie de développement. Comme l’a indiqué Luke Mc Kend, responsable des opérations de Google en Afrique du Sud : « Environ 80% des Sud-Africains ont un téléphone portable, et une grande partie de cette ressource mobile est inexploitée à cause des frais de données que beaucoup ne peuvent pas se permettre […] Notre objectif est de rendre une plus grande partie de l’internet mobile abordable pour tout le monde, afin d’enrichir la vie avec les informations qui sont à portée de main » (source : AFP)

L’avenir nous dira si ce nouveau modèle porte ses fruits. Rendez-vous début 2013 pour découvrir les résultats de cette expérimentation aux Philippines (fin mars 2013) et en Afrique du sud (fin mai 2013).

Commenter cet article

2 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *