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Smart City : la ville intelligente, la ville « communicante »

Les villes occupent aujourd’hui 2% de la surface de la Terre mais représentent 80% de la production des émissions de CO2. En 2013, 50% de la population mondiale vivent en ville mais cette proportion devrait atteindre 70% en 2050. Face à cette urbanisation galopante des territoires, il devient nécessaire de diminuer l’impact environnemental des villes et donc de les rendre plus intelligentes. Faire de nos villes des “Smart Cities”, tel est l’Objectif. Lumière sur ce concept. 

Qu’est-ce qu’une smart city ?

La concentration de la population en ville de plus en plus forte entraine des difficultés inédites. Les villes doivent répondre aux besoins accrus de ressources comme l’eau ou l’énergie, de services comme le transport ou le logement. Elles sont également confrontés aux questions de « vivre –ensemble », de fracture sociale ou même de ghettoïsation. Si le poids des préoccupations paraît très lourd, ne nous y trompons pas, le rôle de la Smart City n’est pas de sauver le monde mais de diminuer l’impact environnemental et de repenser les modes de consommations et de vie en ville.

En théorie et d’après Rudolf Giffinger, les villes doivent s’appuyer sur 6 leviers pour devenir intelligentes : l’économie, la mobilité, l’environnement, les habitants, le mode de vie et la gouvernance.

En pratique, ça donne quoi ?

En pratique les 6 leviers sont intimement liés. En termes de mobilité et de transport par exemple, le défi des villes sera de proposer aux citoyens un réseau facile d’accès pour tous, écologique, abordable en prix, efficace et répondant aux besoins du quotidien. La difficulté sera donc d’intégrer les différents modes de transport (rail, bus, automobile, cycle, …) et d’optimiser l’espace urbain. L’habitat a aussi son rôle à jouer en matière d’urbanisme, la Smart city devra combiner espace de vie réduit mais confortable, forte demande de logement à un prix abordable, et réduction de la consommation d’énergie des bâtiments. La gestion d’un environnement durable passe donc par la baisse des besoins énergétiques, dans l’habitat mais aussi dans le fonctionnement de la ville comme pour l’éclairage public. La production d’énergie ou la gestion des déchets (récupération-valorisation) sont bien sûr des problématiques phares des Smart Cities.

L’écosystème numérique, un socle commun et nécessaire à la réussite des 6 leviers

Il est impensable aujourd’hui d’aborder l’un de ces leviers sans l’intégrer de façon efficace et complète dans un système global de stockage, de traitement et d’analyse de de données. Ce système constitue donc un écosystème numérique performant : les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication ou les NTIC. Ces technologies, allant du commerce électronique jusqu’à la domotique en passant par la microélectronique, les capteurs et compteurs intelligents, est en réalité l’ensemble des techniques utilisées dans le traitement et la transmission des informations, principalement de l’informatique, de l’Internet et des télécommunications. Le terme NTIC tend aujourd’hui à qualifier plus particulièrement les problématiques résultantes de l’intégration de ces technologies au sein des systèmes. *

Comment les NTIC sont-elles utiles à chacun des leviers et donc à la smart city ?

Les NTIC permettent à la ville de tirer un profit maximal de chacun des 6 leviers afin d’être le plus smart possible :

Sur le plan économique, un système efficace permet à la ville de gérer ses dépenses et ses ressources de manière à optimiser son économie et ainsi produire et dépenser selon un plan efficient bien défini. De même, les NTIC permettent à la ville de développer son offre de mobilité, grâce, par exemple, à la gestion automatisée des bornes de recharges de véhicules électriques, ou des péages urbains. Plus largement, les NTIC modifient les modes de vie des citadins, par la facilitation des déplacements urbains (offres de transports de plus en plus intelligentes et performantes) par exemple.

La gestion automatisée et intelligente peut être étendue au domaine de l’environnement, avec la gestion des déchets et la réduction, grâce à de nouvelles technologies, de la consommation en énergie et en eau d’une ville. Finalement, une offre d’éclairage public intelligent ou d’alertes civiles en cas de danger peuvent non seulement améliorer la qualité de vie des habitants d’une ville, mais aussi sauver des vies.

Il est donc clair que les nouvelles technologies permettent une gestion et un traitement de l’information performants qui se traduisent, au niveau de la ville, par l’amélioration des services existants ainsi que l’émergence d’une nouvelle offre de services. Cette offre, dirigée vers le citoyen, se construit autour de ses besoins, le plaçant au cœur du développement urbain dans un rôle de consom’acteur. En effet, le citoyen ne se contente plus d’un rôle d’usager de services, il en devient un acteur à part entière, contribuant activement au développement et au bon fonctionnement de ces services intelligents.

Stockholm est l’une des villes précurseur dans ce domaine. Dans cette ville les prévisions d’embouteillage sont non-seulement une nécessité à tout un chacun, mais aussi un des facteurs contribuant à la productivité et la de la ville. En 2008, 18 points de péages à tarification variable (tarifs différents entre heures de pointe et heure creuse) ont été créés aux entrées de la ville, ce qui a permis une diminution du trafic de l’ordre de 14%, favorisé l’utilisation des transports en commun (40 000 utilisateurs supplémentaires) et diminué les émissions de gaz à effets de serre de 40%. Cette technologie simple mais innovante a donc contribué à rendre Stockholm smart sur les domaines de la mobilité, de l’environnement, et des modes de vie.

Singapour a aujourd’hui la réputation d’être l’une des villes précurseur dans différents domaines de la technologie, ainsi que d’être l’un des pôles de l’économie mondiale. Depuis plus d’une dizaine d’années, les autorités ont œuvré pour mettre cette ville au cœur de notre monde actuel, en se basant sur différents projets de technologie. L’un de ces projets, Singapore One, consistait à déployer un réseau à large bande ainsi que des infrastructures numériques performantes (fibre optique de très haut débit) sur la totalité du territoire. Aujourd’hui, 99% des ménages sont connectés, un record en la matière. Ces développements ont permis à Singapour de se positionner sur les domaines des modes de vie, des habitants, et évidemment le domaine économique.

L’avenir des NTIC et du smart

Plusieurs facteurs sont moteurs dans le développement des Smart Cities :

  • Une prise de conscience générale par la société de son urbanisation rapide la pousse à chercher des solutions de modes de vie nouveaux, plus agréables et plus durables.
  • La prise de conscience énergétiques générale nous pousse à trouver des solutions efficaces afin d’anticiper les défis à venir, à moyen et long terme, dans ce domaine.
  • La mondialisation met à « concurrence » les grands pôles avec les villes locales, qui cherchent  à se démarquer par une attractivité nouvelle.
  • Le smart est un domaine porteur d’innovation technologique et un facteur de croissance de plus en plus exploité

Ainsi le smart, porté par toutes les nouvelles technologies et le développement mondial global, a encore de beaux jours devant lui.