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Les géants de la Grande Distribution accélèrent leurs initiatives Numériques

À l’heure actuelle, faire ses courses en grandes surfaces relève encore du parcours du combattant et nous sommes globalement tous confrontés à l’encombrement des rayons, aux longues files d’attente en caisse, au poids des sacs ainsi qu’à d’éventuels manques de stock sur certains produits.

Pour répondre à certaines de ces problématiques, les entreprises de la Grande Distribution développent depuis quelques années maintenant des solutions de caisses automatiques ou encore de « Drive ». Ces entreprises sont aussi pleinement rentrées dans le monde du e-commerce en développant des stratégies cross-canal de vente en ligne plus ou moins bien intégrées et couplées à de la livraison à domicile.

Force est de constater que ces initiatives, même si globalement réussies, n’apportent pas toutes les réponses aux problèmes induits par la corvée des courses.

De fait, les Géants du secteur cherchent encore de nouveaux leviers de ventes, qui en plus d’être numériques, se doivent maintenant d’être « mobiles », faciles, ergonomiques et ludiques. L’objectif final étant de rendre l’acte d’achat moins contraignant en transformant les courses en un jeu, élément facilitateur de dépenses et donc de revenus (mais aussi d’économies !).

 Retour sur deux initiatives « mobiles » dans le secteur de la Grande Distribution.

Le « Scan & Go » de Walmart

Porté par la démocratisation de l’usage des smartphones, Walmart a lancé il y a quelques semaines un test grandeur nature d’une application iPhone nommée « Scan & Go » censée faciliter le passage en caisse (Reuters).

En effet, le leader mondial de la Grande Distribution demande depuis fin Août à ses employés du Walmart Supercenter de Rogers (Arkansas) possesseurs d’iPhones, de tester son application « Scan & Go » dont l’objectif est de permettre un passage accéléré en caisse libre-service suite au scannage des articles via l’iPhone (l’application transfère directement la liste des articles flashés à la caisse).

En bref, l’iPhone remplace ici la douchette que certains magasins mettent à disposition des clients abonnés.

Au final, les avantages pour Walmart sont nombreux et parmi eux on peut noter :

  • Une amélioration de la satisfaction client (réduction temps d’attente, ludicité etc.)
  • Une réduction des coûts de distribution (économie de déploiement des douchettes via utilisation du matériel client, développement des caisses libre-service etc.)
Application Walmart

Ainsi, selon Charles Holley, le Directeur financier de Walmart, cette réduction des coûts pourrait atteindre plusieurs millions de dollars à terme et permettrait en outre au géant, de baisser ses prix.

L’application « Scan & Go » se veut aussi plus qu’une simple douchette en introduisant des fonctionnalités périphériques comme la création de listes d’achats, la recherche de disponibilités en stock, la mise à disposition de conseils etc.

La démarche n’est encore pas totalement terminée puisque l’application ne permet pas à l’utilisateur de payer directement depuis son iPhone mais de nombreux experts estiment que cela devrait bientôt pouvoir être le cas (Walmart fait partie depuis peu d’un Comité de développement des solutions de paiement sur mobile, le Merchant Customer eXchange, MCX, au sein duquel on retrouve Best Buy, Target ou encore 7-Eleven).

Carrefour propose des magasins virtuels à Paris et Lyon et développe sa stratégie m-commerce

Jouant la carte de la mobilité et de la proximité, Carrefour vient de lancer deux magasins virtuels (éphémères) en gares de Paris-Nord et Lyon Part-Dieu.

Les adresses étant bien réelles, il est donné la possibilité aux personnes munies d’un smartphone iOS ou Android de télécharger gratuitement l’application “Mes courses Carrefour”. Après avoir lancé l’application, le consommateur choisit son mode de livraison, à savoir à domicile ou retrait en Drive. Après ces deux premières étapes, il est possible de flasher à volonté quelques 300 références virtuellement affichées sur des cubes imitant des rayons traditionnels.

Au final le paiement s’effectuera de façon traditionnelle, c’est-à-dire au moment du retrait des produits.

Ces points de ventes « tests » virtuels n’ont pas vocation à perdurer dans le temps mais certains y voient déjà un moyen pour les acteurs de la Grande Distribution de vendre à moindre coûts leurs produits en jouant à la fois sur la mobilité, la proximité et le besoin de flexibilité des clients.

 La vidéo promotionnelle ici :

http://www.youtube.com/watch?v=5qelB854iv8&feature=player_embedded

Ce concept développé par Carrefour fait écho à celui dévoilé par Casino il y a quelques temps (et qui entrera en test à Lyon vers la fin du mois) à la différence qu’il ne s’agira pas d’un cube mais d’un mur virtuel sur lequel viendront s’afficher quelques références qu’il conviendra de scanner (voir ici un précédent article sur le sujet). Il se murmure également que les « murs » virtuels de Casino pourraient être déployés dans des endroits fréquentés comme… les abribus !

Faire les courses en flashant les codes-barres

 Il convient cependant de noter que ces magasins virtuels ne sont pas nés en France. En effet, Tesco a mené et renouvelé cette expérience en Corée du Sud dès juin 2011 entraînant derrière lui quelques projets pilotes et notamment en Belgique où l’enseigne Delhaize a déjà déployé 7 cubes et revendique une hausse de 27,6% des ventes « dématérialisées » du groupe, directement imputables à cette nouvelle activité.  

Ainsi et pour conclure, il se pourrait que la stratégie de vente multi-canal engagée par l’ensemble des acteurs de la Grande Distribution à travers le monde, se transforme en stratégie « omnicanal » à moyen terme sous l’effet de la pénétration des nouvelles technologies (particulièrement mobiles) dans notre quotidien.